1 – Définissez la colique néphrétique.

La colique néphrétique est une douleur brutale et intense lombo-abdominal symptomatique d’une augmentation brutale de la pression dans les voies urinaires et dans le rein. Elle est due à un obstacle gênant ou obstruant le transport de l’urine entre le rein et la vessie. L’urine s’accumule alors en amont de l’obstacle et une dilatation du système urinaire provoque les douleurs. La colique néphrétique peut-être induite par 3 causes principales :

  • les calculs rénaux, cause extrinsèque et dominante des coliques néphrétiques
  • les causes inflammatoires ou cicatricielles induites par une chirurgie (hématome, ligature accidentelle, oedème…)
  • les tumeurs gynécologiques

2- Qu’est ce qu’une sonde JJ ?

Une sonde JJ ou sonde double J est une endo-prothèse en silicone ou polyuréthane. C’est une sonde interne, formée de boucles à ses extrémités. Selon les modèles, la forme des boucles ressemblent à un J, d’où son nom.

Elle est insérée dans le rein et va du rein à la vessie. Une boucle est située dans le rein et la seconde dans la vessie afin de faciliter la circulation des urines. Son insertion se réalise, dans la majorité des prises en charge, sous endoscopie en passant par la voie naturelle (méat urinaire puis urètre), à l’aide d’un urétéroscope. Il est possible de passer par une voie percutanée après une ponction rénale, néphrostomie. La néphrostomie consiste à la mise en place d’une communication entre les cavités du rein et l’extérieur, de façon temporaire ou permanente. La sonde ou le cathéter ressort alors au niveau de la fosse lombaire et les urines sont récupérées dans une poche de recueil.


3- Pourquoi devons réaliser un tamisage des urines ?

Le tamisage des urines comporte plusieurs intérêts dans la prise en charge des coliques néphrétiques.

  • Il permet dans un premier temps de surveiller l’élimination ou non du ou des calculs présents dans le système urinaire. Une fois l’élimination faite, l’urologue pourra en apprécier la taille, la forme, l’aspect et le nombre.
  • Dans un second temps, les calculs urinaires sont envoyés sur prescription médicale au laboratoire pour une analyse spectrophotométrique. Le laboratoire commence alors par réaliser une analyse morphologique à la loupe binoculaire. La calcul sera ensuite coupé afin d’analyser le noyau de ce dernier. Des échantillons seront envoyés en spectrophotométrie afin de connaître la composition moléculaire du calcul.

Cet examen permettra de comprendre comment les calculs se sont formés, en lien avec le mode de vie et le régime alimentaire de la patiente, et de préconiser des changements de ceux-ci pour limiter les risques de récidives.


4 – Quelles surveillances mettez vous en place au retour du bloc opératoire ?

Mme D. a eu une rachianesthésie. Il faut surveiller les points suivants :

  • activité motrice des membres inférieurs
  • sensibilité des membres inférieurs
  • chaleur des membres inférieurs 
  • conscience
  • constantes vitales (pression artérielle, pouls, saturation en oxygène, température, fréquence respiratoire)
  • algie
  • reprise de la miction urinaire (fort risque de rétention aiguë d’urine)

Il est préférable de conseiller à Mme D de se lever précocément conformément aux nouvelles recommandations (aiguilles et anesthésiques modernes). Cela permet d’éviter les thromboses veineuses et favorise la reprise du transit.

Pour la sonde JJ, il est nécessaire de se renseigner sur la fréquence des mictions ou pollakiurie. La présence de pollakiurie est inconfortable mais peut se traiter partiellement avec un traitement anticholinergique. Ces mictions peuvent s’accompagner de douleurs lombaires pouvant être provoquées par un reflux des urines dans le rein, des douleurs pelviennes ou une hématurie macroscopique. Le patient doit boire suffisamment d’eau et ne pas forcer pour uriner car cela pourrait provoquer des douleurs. Pour la quantité bue par le patient, il est conseillé entre 1,5 et 2L d’eau par jour, afin d’assurer un lavage permanent de la sonde. La patiente devra suivre les recommandations de l’urologue qui la suit.

Pour aller plus loin :
La rachianesthésie est une anesthésie loco-régionale périmédullaire. Elle se réalise en injectant un anesthésiant local dans l’espace sous arachnoïdien. L’anesthésiant se diffuse ainsi dans le liquide cérébro-spinal (LCS). La rachianesthésie permet alors d’anesthésier la moitié inférieure de l’organisme : de l’abdomen aux pieds.

5 – Qu’est ce que la morphine ? Combien de mg de morphine administrez vous lors du bolus initial selon la prescription ? (vous arrondirez la dose au mg le plus proche). Comment préparez vous l’injection ?

La morphine est une antalgique de palier 3 de la famille des opioïdes. Il est utilisé dans la prise en charge des douleurs importantes en phase aiguë ou chronique. 

Calcul du bolus :

Le bolus prescrit est de 0,04mg/kg. Mme D. pèse 53kg. Le calcul est donc le suivant :

0,04 x 53 = 2,12mg soit 2mg par défaut.

La concentration pour la réalisation d’une titration de morphine doit être de 1mg/1mL. Il faut prélever 9mL d’EPPI puis l’ampoule de morphine 10mg/1mL. Il est également possible de diluer dans du NaCl 0,9%.

La seringue aura une concentration de 10mg de morphine dans 10mL, soit 1mg par mL.


6 – Quelle autre thérapeutique prescrite pouvez vous mettre en place afin de soulager efficacement Mme D ?

A 7h45, Mme D. évalue sa douleur à 6/10 sur l’échelle numérique.  Elle a eu du paracétamol à 6h.  Celui-ci ne peut pas être de nouveau administré avant 12h. 

Nous pouvons préparer et mettre en place le ProfenidⓇ IV. Cette préparation dépendra de la dotation de votre pharmacie. Certains disposent de poches ou flacons de profenidⓇ prêts à l’emploi et d’autres doivent reconstituer des flacons de poudre dans des poches de solutés NaCl 0.9% de 100mL.

Puis nous évaluerons de nouveau avec le même outil, la douleur de Mme D. Ces évaluations seront tracées dans le dossier de soins informatisé et nous réaliserons une transmission ciblée.

Pour aller plus loin :
Le Kétoprofène est le traitement de choix spécifique de la colique néphrétique car il agit sur le mécanisme de la douleur (diminution de la filtration glomérulaire et l’oedème local, réduisant la pression intra rénale). 


Présentation du cas

Mme D., 29 ans, a été admise dans la nuit en service de chirurgie urologique, où vous exercez comme IDE, pour une colique néphrétique gauche confirmée à l’échographie. A 7h45, elle présente une échelle numérique à 6/10 malgré le paracétamol IV administré à 6h par l’équipe de nuit. 

Mme D. pèse 53 kg et est infirmière libérale. La crise est survenue, la veille, pendant sa tournée. Elle est à jeun depuis minuit car elle est attendue au bloc opératoire à 9h pour une pose de sonde JJ sous rachianesthésie. 

Les prescriptions sont les suivantes :

  • A jeun depuis minuit le jour du bloc opératoire
  • Tamisage des urines
  • Sérum physiologique 0,9% 1000 ml / 24h
  • 1g de paracétamol IV : Toutes les 6 heures (6h – 12h- 18h – 0h)
  • 100mg de Profenid® IV : Toutes les 8 heures (8h – 16h – 0h)
  • Titration de morphine si EN > 5/10, en commençant par un bolus de 0,04 mg/kg, puis 0,02mg/kg toutes les 5 minutes.

Vous disposez de :

  • Seringues de 5/10/20mL et trocards
  • Ampoules de morphine de 10mg/1mL
  • Ampoules d’EPPI de 10mL
  • Ampoules de NaCl 0,9% de 10mL
  • Poches de NaCl 0,9% de 100mL.

Questions

1 – Définissez la colique néphrétique.

2- Qu’est ce qu’une sonde JJ ?

3- Pourquoi devons réaliser un tamisage des urines ?

4 – Quelles surveillances mettez vous en place au retour du bloc opératoire ?

5 – Qu’est ce que la morphine ? Combien de mg de morphine administrez vous lors du bolus initial selon la prescription ? (vous arrondirez la dose au mg le plus proche). Comment préparez vous l’injection ?

6 – Quelle autre thérapeutique prescrite pouvez vous mettre en place afin de soulager efficacement Mme D ?


Maryame vous propose de consulter son travail sur l’impact de l’échec sur la relation soignant-soigné.


Cette étude porte sur l’impact du sentiment d’échec ressenti par les soignants sur la relation soignant-soigné lorsque l’état de santé mental ou somatique d’un patient ne s’améliore pas. Le choix de ce thème découle d’une situation vécue en stage.

L’objectif était d’analyser le vécu des soignants et l’influence de celui-ci sur leur pratique professionnelle. Des lectures ont été réalisé et des recherches menées autour des concepts suivants : l’infirmier, la relation soignant-soigné, le sentiment d’échec du professionnel et l’accompagnement relationnel.

Une enquête qualitative a été menée auprès de quatre infirmiers diplômés d’états expérimentés. Les résultats de cette enquête mettent en évidence la fréquence de ce vécu chez les soignants, l’impact émotionnel fort de celui-ci ainsi que l’absence de formation à la gestion du sentiment d’échec compensée par le soutien collégial et l’expérience qui permet de développer des stratégies d’adaptation pour faire face à ce ressenti et préserver la qualité des soins.

Par ailleurs, les résultats de l’enquête mettent en avant la complexité de la relation soignant-soigné influencée par le vécu émotionnel du professionnel, le contexte de soin ou encore l’évolution du patient.

Mots clés : sentiment d’échec du professionnel, relation soignant-soigné, expérience, accompagnement relationnel, stratégies d’adaptation, impact



ATTENTION, LE PLAGIAT EST PASSIBLE DE POURSUITES JUDICIAIRES 

Elsa vous propose son travail soutenu en 2026 sur l’accompagnement des personnes ayant subi des violences sexuelles.


Les violences sexuelles constituent un enjeu majeur de santé publique, aux conséquences multiples sur la santé physique, psychique et sociale. Elles s’inscrivent dans des parcours de soins complexes, nécessitant une prise en charge globale, coordonnée et sécurisante.

En effet, à la suite d’un traumatisme tel que des violences sexuelles, les patientes peuvent se sentir vulnérables ce qui peut rendre compliqué le fait pour elles de parler de ce qu’elles ont vécu ; ainsi, la compréhension de la mémoire traumatique est essentielle pour comprendre pourquoi certains gestes, sensations peuvent faire renaître la souffrance chez la patiente.

Dans ces cas-là, l’infirmière ne doit pas se limiter à réaliser les actes sur prescription médicale. Elle doit avant tout faire preuve d’écoute, de patience et de collaboration afin d’offrir une aide spécifique aux besoins physiques, psychologiques et sociaux de la patiente. L’attitude et la posture de l’infirmière peuvent jouer un rôle primordial pouvant favoriser ou créer un obstacle à l’alliance thérapeutique.

Pour aider les infirmières dans l’accompagnement des patientes ayant subi des violences sexuelles, plusieurs organismes mettent en avant l’importance d’adopter une approche respectueuse du traumatisme et bienveillante et insistent sur l’évaluation du risque suicidaire par le biais du RUD. Toutefois, sur le terrain, il a été démontré qu’il n’est pas toujours simple de mettre en œuvre ses recommandations de bonnes pratiques.

En effet, les infirmières peuvent rencontrer plusieurs difficultés dans ces situations, en raison de délais courts, de moyens limités, d’une charge émotionnelle importante et, dans certains cas, d’une formation spécifique insuffisante.

C’est dans cette optique que s’inscrit mon mémoire de fin d’études. Ce travail vient s’appuyer sur une situation rencontrée en stage, complétée par des sources scientifiques et des entretiens réalisés auprès d’infirmières dans différentes structures. Il met alors en avant l’écart de pratiques entre les recommandations et la réalité sur le terrain afin de mieux cerner les enjeux liés à la prise en soins infirmiers des personnes victimes de violences sexuelles.

Mots clefs : Violences sexuelles, traumatisme, accompagnement



ATTENTION, LE PLAGIAT EST PASSIBLE DE POURSUITES JUDICIAIRES 

Jérémie, diplômée de Juillet 2025, vous propose son travail de recherche sur la contention physique en psychiatrie face au patient agité.


Mon objectif est d’explorer la pratique de la contention mécanique en psychiatrie avec cette question : la possibilité du recours a la contention mécanique peut-elle altérer la capacité de l’infirmier de psychiatrie à user de techniques alternatives face à un patient agité ? Dans un premier temps, je définis qui sont les patients concernés par la contention et l’historique de l’institutionnalisation psychiatrique, puis la contention et son cadre légal et enfin, la place de l’infirmier en psychiatrie, l’interaction entre ses valeurs et cette pratique. Cette approche théorique est confrontée à trois entretiens inductifs d’infirmiers en psychiatrie. Leurs perceptions de la contention, entre soin et coercition, sont parfois ambivalentes. Elles semblent partiellement déterminées par leur niveau de tolérance à l’agitation du patient. L’accès à la contention semble entraîner une banalisation de cette pratique et un moindre recours aux techniques alternatives. Le manque de moyens humains, de formation et l’inadaptation de certaines alternatives peuvent cependant participer à ce phénomène, ouvrant la voie à des recherches ultérieures.

Mots clés : Patient en psychiatrie, contention physique, infirmier psychiatrique



ATTENTION, LE PLAGIAT EST PASSIBLE DE POURSUITES JUDICIAIRES 

Marie, diplômée de Juillet 2023, vous propose son travail de recherche sur la place des soins relationnels en situation d’urgence vitale.


Introduction : L’urgence vitale est une situation médicale grave, qui sans une intervention rapide, met en danger immédiat la vie du patient. Pour cela, lors d’une telle situation les principaux soins réalisés sont des soins techniques, laissant souvent de côté les soins relationnels. Une situation vécue en stage m’a amené à me questionner sur l’impact de l’urgence vitale sur la relation soignant-soigné en réanimation.

Objectif : Analyser comment la relation soignant-soigné peut être modifiée par l’urgence vitale.

Matériel et méthode : C’est une recherche quantitative, qui vise à comprendre des attitudes et des comportements, elle est réalisée avec des entretiens semi-directifs. La population cible est des infirmiers de réanimation d’un hôpital public parisien. L’échantillonnage est non probabiliste et à participation volontaire.

Résultats : La relation soignant-soigné est possible à mettre en place, principalement par la communication verbale et non-verbale avec une relation de soutien. La formation, l’expérience et la notion d’équipe et d’un leader favorise la relation dans l’urgence. A l’inverse il existe des facteurs limitant cette relation tel que l’état de conscience, le manque d’organisation et le manque d’expérience.

Conclusion : La relation de soutien requiert de nombreuses compétences pour être mise en place dans une situation tel que l’urgence vitale. Ainsi dans un travail futur, il serait intéressant de développer la place de la formation par la simulation afin de développer des compétences nécessaires à la relation de soutien lors de l’urgence vitale

Mots-clés : Urgence, soin relationnel, relation de soutien, relation soignant-soigné, communication.



ATTENTION, LE PLAGIAT EST PASSIBLE DE POURSUITES JUDICIAIRES 

Paul vous propose son travail de fin d’études sur la complexité de l’encadrement et du tutorat chez les étudiants infirmiers.


Dans mon étude de fin d’études, intitulée « Au Cœur du Soin : Émotions, Adaptabilité et Formation Tutorale chez les Futurs Infirmiers », je m’attaque à la complexité de l’encadrement et du tutorat et à leur rôle dans l’évolution de l’adaptabilité et du bien-être émotionnel des étudiants infirmiers au cours de leurs stages cliniques. Cette étude, qui fait partie des programmes des unités d’enseignement UE 3.4 S6 et UE 5.6 S6, souligne la nécessité de perfectionner les techniques de tutorat. Ces améliorations sont essentielles pour enrichir le parcours des stagiaires et pour renforcer leur identité professionnelle de soignants.

La confiance en soi s’avère être un élément essentiel pour les infirmiers débutants qui encadrent les étudiants, leur permettant d’agir avec assurance et d’instaurer un milieu propice à l’apprentissage et à l’épanouissement professionnel. Une confiance solide aide à gérer l’incertitude et à présenter une image professionnelle qui inspire confiance chez les étudiants en apprentissage.

Le dispositif d’enquête utilise des entretiens menés avec des infirmiers novices pour étudier comment leur confiance en soi affecte leur aptitude à encadrer efficacement les étudiants en stage. J’explore des concepts centraux comme le stress, les stratégies de coping, et le rôle de l’encadrement dans la gestion de ces facteurs, cherchant à déterminer les meilleures approches pour former des infirmiers résilients et compétents dans un environnement de soins en constante évolution.

Mots-clefs : etudiants infirmiers – résilience émotionnelle – formation



ATTENTION, LE PLAGIAT EST PASSIBLE DE POURSUITES JUDICIAIRES 

William a validé ce mémoire en 2018 qui traite de la communication par l’IDE avec un résident désorienté institutionnalisé en EHPAD afin de préserver le bien-être de ce dernier .


Pendant mon stage effectué en première année en E.H.P.A.D, j’ai réfléchi comment l’infirmier peut communiquer avec une personne âgée désorientée dans le temps et l’espace.

J’ai utilisé une technique appelée « Validation » : la méthode de Naomi FEIL, pour communiquer avec une personne très âgée diagnostiquée avec la démence type Alzheimer.

Mes recherches théoriques et l’analyse de mes entretiens auprès de cinq infirmières m’ont permis de comprendre comment j’ai réussi à conserver le sentiment de bien-être de cette personne âgée. Alors que les E.H.P.A.D ont des restrictions budgétaires et diminuent leur nombre de soignants, l’équipe soignante a davantage de difficultés avoir du temps pour communiquer avec les personnes âgées les plus désorientées, et ainsi préserver leur bien-être. Cependant, la communication est importante, et ma recherche montre comment l’infirmier communique avec un résident désorienté, pour préserver le bien-être de la personne âgée.

Mots Clefs : Relation, Accompagnement, Communication, Personne âgée, Bien-être



ATTENTION, LE PLAGIAT EST PASSIBLE DE POURSUITES JUDICIAIRES 

L’air ambiant contient 21% d’oxygène. Quelques fois, cela n’est pas suffisant pour l’être humain… des moyens de supports doivent être mis en place. Dans cet article, nous partons du principe que le patient possède une ventilation spontanée, que c’est donc lui qui fait les efforts inspiratoires et expiratoires.


1- Réglementation

L’oxygène est un médicament soumis à prescription médicale.

  • En France, l’oxygène médical a le statut de médicament lorsqu’il est émis à partir d’un réservoir d’oxygène liquide ou gazeux : art L5111-1 de la loi n°2007-248 du 27 février 2007 du code de santé publique.
  • C’est un soin infirmier sur prescription médicale : art R4311-7 décret 2004-802 du 29 juillet 2004 du code de la santé publique :

L’IDE est habilité à pratiquer les actes suivants soit en application d’une prescription médicale qui, sauf urgence, est écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, soit en application d’un protocole écrit qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin :

6 ° Administration des médicaments

31° Pose d’une sonde à oxygène

32° Installation et surveillance des personnes placées sous oxygénothérapie normobare et à l’intérieur d’un caisson hyperbare.”

  • La prescription médicale doit comporter une SpO2 cible, être horodatée et signée. Elle vous aidera à faire varier le débit au niveau du manomètre afin d’administrer la bonne dose d’oxygène. Attention, avant tous changements de débit, vérifier la bonne mise en place des moyens d’oxygénothérapie.

2- Les moyens d’oxygénothérapie

a- Les lunettes
  • Débit : de 2 à 6 L/min
  • Délivrance d’une FiO2 de 24 à 50 % : cela dépend du débit d’oxygène et de la ventilation du patient.
  • Pas de ré-inhalation, bien supporté, permet l’alimentation et l’hydratation.
  • Coût faible.
  • Utilisation d’un humidificateur est préconisé  si l’utilisation dépasse 12h (systématique chez l’enfant).
  • Attention au risque de plaie /escarre au niveau du nez.
Lunettes à oxygénothérapie

b- Le masque simple (ou basse concentration)
  • Débit: de 5 à 10 L/min.
  • Délivrance d’une FiO2 de 35 à 60%.
  • Bonne tolérance.
  • Ne pas utiliser en dessous de 5 L/min car risque important de ré-inhalation de CO2.
Masque basse concentration

c- Le masque haute-concentration
  • Débit : > 6L/min (il faut que le ballon de réserve soit toujours rempli).
  • Délivrance d’une FiO2 de 60 à 80 % en moyenne.
  • Usage limité dans le temps, pour les urgences vitales ou certaines prises en charge comme les intoxication au CO2.


3- Le cycle respiratoire

Cycle respiratoire

Le seul moment où un patient peut inhaler de l’oxygène est l’inspiration, qui représente physiologiquement ⅓ du temps du cycle respiratoire.

Avec l’oxygénothérapie, l’O2 est délivré à débit continu alors que dans le cycle le débit inspiratoire est court et élevé. Pendant l’inspiration en air ambiant, le patient reçoit l’oxygène qu’on lui apporte  (⅓ du cycle) et de l’air pour compléter son flux de gaz entrant. La situation est améliorée si les cavités narinaires servent de réservoir. Quand il inspire, le patient reçoit l’oxygène délivré et l’oxygène présent dans les réservoirs naturels.

Durant l’expiration, l’oxygène délivré rempli la partie supérieure des narines (réservoir naturel).

La seule façon d’améliorer l’efficacité de l’oxygénothérapiest d’augmenter la taille du réservoir qui se remplira durant l’expiration et se videra durant l’inspiration.

Plus le réservoir de gaz disponible pour l’inspiration est grand, plus la quantité d’oxygène disponible l’est et plus la fraction inspiratoire d’oxygène (FiO2) sera élevée.

ex : lunettes → réservoir = narines

     masque simple → réservoir = narines + masque

     masque à haute concentration → réservoir = narines + masque + ballon de réserve


4- Précautions d’emploi

  • Ne jamais graisser une bouteille ou un manomètre à oxygène : risque d’explosion et de brûlure.
  • Ne jamais fumer à proximité de l’oxygène : produit très inflammable pouvant entraîner une explosion.
  • Ne pas mettre de corps gras au niveau du visage du patient (attention vaseline et baumes à lèvres…)

5- Oxygénation

Valeurs normales de la SpO2 (= saturation en oxygène mesurée par oxymétrie de pouls) pour un adulte sain en période de veille*

SpO2 = 94-98 % minimum

*Pendant le sommeil la SpO2 peut descendre transitoirement jusqu’à ~ 86%.

Quelques cibles

  • 94-98% chez la majorité des patients.
  • 88-92% chez les patients BPCO, insuffisants respiratoires.
  • Autres cibles possibles sur prescription du médecin pour certains pathologies.

6- Les aérosols

Acte médicamenteux sur prescription.

Le but est de faire respirer à un patient un médicament en suspension dans un gaz. Pour cela, on utilise un masque spécifique ayant un réservoir pour le médicament (forme liquide). L’aérosol peut être réalisé sous oxygène ou sous air selon la prescription médicale, à un débit de 6L/min au minimum. Il peut se faire dans une unité de soins ou au domicile grâce à des nébuliseurs fournis ou loués par les pharmacies. Les patients intubés ventilés peuvent également recevoir des aérosols avec un système s’adaptant aux tuyaux des respirateurs.

Installation du patient

Afin d’administrer de façon adéquat un aérosol, il est important de respecter quelques étapes.

  • Faire moucher le patient (lavage de nez chez l’enfant).
  • L’installer en position assise ou semi assise.
  • Vérifier la prescription et l’identité du patient.
  • Vérifier les dates de péremptions.
  • Préparer le masque avec les médicaments.
  • Allumer l’air ou l’oxygène selon la prescription.
  • Ajuster le masque au patient.

SOURCES

  • http://proadmedical0.surinternet.com
  • http://fiches-de-soins.eu
  • http://directmedical.fr
  • http://medicaffaires.com
  • http://medicassistance-soleil.fr
  • Cours personnels IFSI

La ponction artérielle est un prélèvement de sang artériel à visée diagnostique.


1- Les gaz du sang

a- Définition

La gazométrie artérielle permet la mesure du potentiel d’Hydrogène (pH), du niveau de dioxygène et de dioxyde de carbone dans le sang. Cet examen permet d’évaluer les échanges gazeux (pulmonaires) et de détecter une concentration gazeuse anormale du sang artériel allant vers les tissus.

b- Composition

Lors de cet examen, cinq paramètres sont mesurés :

  • Le pH (potentiel d’Hydrogène) qui indique l’équilibre acido-basique du sang en mesurant la concentration d’ion Hydrogène (H+).
  • La PaO2 ou pression partielle en dioxygène qui reflète la quantité d’O2 transportée par le sang jusqu’aux organes.
  • La PaCO2 ou pression partielle en dioxyde de carbone qui reflète la quantité résiduelle de CO2 dans le sang artériel après élimination de l’excès de celui-ci au niveau pulmonaire.
  • Les ions bicarbonates (HCO3-) qui participent à maintenir l’équilibre acido-basique sont excrétés et réabsorbés par les reins en réponse à un déséquilibre du pH. Le pH et les bicarbonates sont directement et intimement liés.
  • La SaO2 ou saturation en oxygène qui permet d’évaluer la quantité d’O2 fixée sur l’hémoglobine. Cet O2 transporté va permettre de nourrir les cellules de l’organisme.
c- But de l’examen

Le médecin prescrit une analyse des gaz du sang :

  • Suite à une dyspnée (ou difficultés respiratoires) : hypo/hyperventilation, essoufflement, tirage intercostal, désaturation, décompensation cardiaque, décompensation BPCO…
  • Pour surveiller le bon fonctionnement d’un traitement sur une affection pulmonaire (BPCO, insuffisance respiratoire…)
  • Pour surveiller l’efficacité de l’oxygénothérapie.
  • En cas d’altération de conscience.
  • En cas d’état de choc
  • Pour mesurer l’équilibre (ou déséquilibre) acido-basique d’un patient présentant une insuffisance cardiaque, rénale…

La gazométrie artérielle permet une approche de la physiologie respiratoire et métabolique du patient.

d- Normes
ExamenArtérielVeineux
pH (Potentiel Hydrogène)7,35- 7,457,32 – 7,42
PaO2 (Pression partielle exercée par l’O2)80 – 100 mmHg35 – 40 mmHg
PaCO2 (Pression partielle exercée par le CO2)35 – 45 mmHg42 – 48 mmHg
HCO3- (Ions Bicarbonates)22 – 28 mmol/L24 – 30 mmol/L
SaO2 (Saturation en O2)95 – 100 %70 – 80 %
Les normes veineuses sont indiquées pour information

Attention : La PaO2 et la PaCO2 subissent l’influence de la température du patient et celle de la pression atmosphérique (altitude). Il faut donc noter les conditions de prélèvement sur la prescription (Air ambiant, débit O2… et la température corporelle du patient).


2- Le prélèvement

a- En l’absence de cathéter artériel

Le prélèvement artériel se réalise dans la majorité des cas sur l’artère radiale (intérieur du poignet) mais il est aussi possible de prélever en huméral (artère brachiale au pli du coude) ou en fémoral (pli de l’aine) si le test d’Allen est négatif. Ces deux derniers sites devront être prélevés par un médecin.

Il est important que le patient respire normalement pendant toute la durée du prélèvement.

Il est nécessaire d’effectuer le test d’Allen préalablement au prélèvement. Celui-ci consiste à comprimer les deux artères au niveau du poignet (radiale et cubitale), d’attendre que la main blanchisse et de relâcher la compression de l’artère cubitale. La main doit se recolorer rapidement. Cela veut donc dire que l’artère cubitale sera en capacité de prendre le relai de l’artère radiale si cette dernière vient à être lésée par le prélèvement.

MATÉRIEL NÉCESSAIRE

  • Solution hydro-alcoolique
  • Gants non stériles
  • Antiseptique selon protocole du service
  • Compresses stériles
  • Seringue spécifique pour prélèvement des gaz du sang (avec héparine lyophilisée)
  • Sparadrap ou bandage compressif (type strapping)
  • Container OPCT
  • Sac poubelle DAOM et DASRI
  • Etiquettes du patient
  • Sachet de transport du laboratoire (avec pochette réfrigérée selon protocole d’établissement).

DÉROULEMENT DU SOIN

  • Vérifier l’identité du patient (selon une pièce d’identité ou en lui demandant), la correspondance avec celle des étiquettes, de la prescription et du bracelet d’identification.
  • Expliquer le soin au patient, ses conditions de réalisation et recueillir son consentement.
  • Vérifier les contre-indications éventuelles (troubles de l’hémostase, tatouage, lésion au point de ponction, allergie, test d’Allen négatif). Demander un avis médical en cas de doute.
  • Choisir le lieu de ponction et réaliser le test d’Allen ; s’il est positif le soin commence, s’il est négatif tester l’autre bras.
  • Mettre en place au préalable (hors urgence) un dispositif d’analgésie cutanée (patch, crème) et respecter le temps de pose (au minimum 1h).
  • Inscrire les conditions de prélèvement sur le document du laboratoire et sur le dossier patient (apport d’O2, température du patient).
  • Se laver les mains.
  • Vérifier les dates de péremption et l’intégrité des emballages.
  • Installer le patient dans une position confortable.
  • S’installer dans une position adaptée au prélèvement (assis si possible et à hauteur du bras du patient).
  • Friction des mains.
  • Installer le poignet en hyper-extension (mais pas trop pour ne pas écraser l’artère) et le stabiliser.
  • Mettre les gants non stériles.
  • Réaliser l’antisepsie locale avec l’antiseptique et les compresses stériles et respecter le temps de contact
  • Prendre le pouls radial avec la pulpe de deux doigts à environ 3cm du creux du poignet.
  • Prendre la seringue comme un stylo et positionner le piston de la seringue au repère 3mL.
  • Introduire l’aiguille biseau vers le haut dans l’axe de l’artère radiale selon un angle de 30 à 45° avec l’avant-bras.
  • Stopper la progression lorsque le retour sanguin saccadé se fait dans la seringue (le sang artériel est rouge vif et pulsé).
  • Retirer la seringue une fois remplie en respectant l’axe de l’aiguille et en sécurisant le dispositif.
  • Jeter l’aiguille dans la boite OPCT.
  • Réaliser un point de compression à l’aide d’une compresse sèche sur la zone en appuyant fermement pendant 5 min (10 à 15 min si le patient est anti-coagulé).
  • Vidanger précautionneusement toute bulle d’air résiduelle dans la seringue et la fermer hermétiquement avec le bouchon fourni.
  • Réaliser un pansement compressif NON CIRCULAIRE sur la zone pendant une à deux heures.
  • Informer le patient : signalement de toute douleur ou paresthésie survenant après le soin.
  • Acheminer rapidement la seringue jusqu’à l’appareil de prélèvement selon les procédures locales (température ambiante, glace…).
  • Jeter les déchets puis les sacs DAOM et DASRI
  • Tracer dans le dossier patient : date, heure de prélèvement, identité du soignant, remarques éventuelles.
b- En présence d’un cathéter artériel

Le cathéter artériel est un dispositif permettant un accès artériel continu afin de mesurer la pression artérielle de manière invasive et de réaliser des prélèvements de sang artériel fréquents.

MATÉRIEL NÉCESSAIRE

(Nous partons du principe que le cathéter artériel est déjà en place avec une manchette à pression, un pied à perfusion, un transducteur, un perfuseur reliant la partie mécanique du transducteur à la poche de sérum physiologique, une tubulure avec robinet 3 voies reliant la partie mécanique au cathéter, un scope muni d’une commande de mesure de la pression artérielle invasive).

  • Solution hydroalcoolique.
  • Gants non stériles (ou stériles en fonction du protocole de service).
  • Antiseptique selon protocole du service.
  • Compresses stériles.
  • Champ imperméable.
  • Adaptateur pour corps de pompe.
  • Corps de pompe à usage unique.
  • Tubes de prélèvement et/ou seringue à gazométrie.
  • Seringue de 10mL.
  • Bouchon stérile.
  • Container OPCT.
  • Sac poubelle DAOM et DASRI.
  • Etiquettes du patient.
  • Sachet de transport du laboratoire selon la procédure du laboratoire (Température ambiante, glace…).

DÉROULEMENT DU SOIN

  • Vérifier l’identité du patient (selon une pièce d’identité ou en lui demandant), la correspondance avec celle des étiquettes, de la prescription et du bracelet d’identification.
  • Informer le patient des modalités du soin et recueillir son consentement.
  • Lavage des mains.
  • Vérifier les dates de péremption et l’intégrité des emballages.
  • Vérifier la quantité de sérum physiologique dans la poche installée dans la manchette de pression.
  • Gonfler la manchette à 300mmHg (ceci permet d’éviter un reflux de sang artériel dans la tubulure.)
  • Mettre en place le champ imperméable sous la zone de prélèvement.
  • Installer le matériel, assembler le système de prélèvement.
  • Imbiber les compresses stériles d’antiseptiques.
  • Réaliser une friction avec la solution hydro-alcoolique.
  • Mettre les gants (stériles ou non selon le protocole) à usage unique.
  • Prendre les compresses imbibées pour fermer la voie transducteur patient à l’aide du robinet.
  • Ouvrir le bouchon du robinet 3 voies avec une compresse imbibée.
  • Purger au minimum 5mL avec une seringue.
  • Adapter le corps de pompe au robinet.
  • Prélever les tubes dans l’ordre recommandé.
  • Refermer ensuite la voie patient et ouvrir la voie transducteur-robinet.
  • Retirer et jeter le corps de pompe dans le collecteur OPCT. 
  • Purger le sang à l’aide du transducteur pour ne pas qu’il coagule dans le robinet 3 voies.
  • Refermer à l’aide d’un bouchon stérile manipulé avec des compresses imbibées.
  • Ouvrir la voie transducteur patient à l’aide du robinet.
  • Purger la voie quelques secondes.
  • Réinstaller le patient.
  • Dégonfler la manchette jusqu’à la valeur de référence.
  • Recalibrer le scope (faire le zéro).
  • Etiqueter les tubes et remplir le bon d’analyse avec les conditions de prélèvement.
  • Acheminer rapidement les tubes pour l’analyse.
  • Jeter les sacs DAOM et DASRI.
  • Tracer dans le dossier patient : date, heure de prélèvement, identité du soignant, remarques éventuelles.


3- Résultats et signes cliniques

Bien que les gaz du sang n’indiquent pas au médecin la cause directe du déséquilibre, ils vont orienter soit vers un problème respiratoire, soit vers un problème métabolique. Non traitées, ces pathologies créent un déséquilibre qui pourrait à terme mettre en danger le patient, à plus ou moins court terme.

Selon le résultat du gaz du sang, vous pouvez être amené à observer différents signes cliniques. Nous allons vous donner des exemples :

  • L’hypoxémie : diminution de la PaO2 < 60 mmHg avec SaO2 < 90 % avec pour signes cliniques : la cyanose, la tachycardie, l’hypertension artérielle, l’angoisse…
  • L’acidose respiratoire : présence d’hypercapnie : PaCO2 > 45 mmHg : plusieurs stades
    • non compensée : bicarbonates normaux, pH acide ( < 7.35)
    • en partie compensée : bicarbonates en hausse , pH acide (< 7.35)
    • compensée : bicarbonates augmentés, pH basique (>7.45)

On la retrouve dans les Œdèmes Aigus Pulmonaires (OAP), traumatismes thoraciques, épanchement pleural, insuffisance respiratoire, bronchite chronique obstructive, syndrome infectieux respiratoire…

  • L’acidose métabolique : elle se reconnait par une diminution des bicarbonates et une hyperventilation compensatoire entraînant une diminution de la PaCO2. On la retrouve suite à des diarrhées profuses (élimination de bicarbonates), pathologies rénales, acidocétose diabétique (respiration dite de Kussmaul)…
  • L’alcalose respiratoire : présence d’hypocapnie : PaCO2 < 35 mmHg compensée par une diminution des bicarbonates (rôle de la réabsorption rénale). Les pathologies pouvant y être associées sont l’intoxication médicamenteuse (aspirine), l’hyperventilation sur un sepsis ou par hypoxie (en altitude par exemple).
  • L’alcalose métabolique : présence d’une forte concentration de bicarbonates compensée par une hypoventilation : augmentation PaCO2 souvent associée à de forts vomissements entre autres… Une acidose ou une alcalose  peuvent être associées, on parle alors d’acidose et alcalose mixte (respiratoire et métabolique associée).


SOURCES

  • www.espacesoignant.com
  • www.passeportsante.net
  • http://pneumocourlancy.fr/page_gaz_du_sang.html
  • www.infirmiers.com
  • http://www.labtestsonline.fr/tests/BloodGases.html?mode=print
  • https://fr.slideshare.net/salahabdessemed1/gaz-du-sang-artriel
  • https://fr.depositphotos.com/30617747/stock-photo-arterial-puncture.html
  • Cours personnels IFSI.