L’asthme est une maladie respiratoire qui ne se guérit pas, mais qui peut se contrôler. 



1- Définition

L’asthme est une maladie inflammatoire chronique du système respiratoire qui touche les bronches (voies aériennes inférieures) et se caractérise par une gêne à l’inspiration. Il se caractérise par une apparition brutale par crises de dyspnée au cours desquelles la personne s’essouffle, respire difficilement, a une respiration sifflante. Cette maladie touche 4 millions de français dont environ 9% d’enfants.

La crise peut être de trois types :

  • Simple, d’apparition brutale
  • Accompagnée d’une dyspnée continue
  • Gravissime, sous forme d’état de mal asthmatique

2- Physiologie

L’asthme est un désordre inflammatoire chronique des voies respiratoires. Il se caractérise par des bronchospasmes (bronchoconstriction due à la contraction des muscles lisses), une hypersécrétion épaisse et une inflammation de l’épithélium bronchique. Concrètement, les voies respiratoires se rétrécissent, se remplissent de mucus, le flux aérien devient limité (ceci est réversible après la prise de traitement).

Chez la majorité des asthmatiques, en intercrise, la respiration redevient normale.


3- Facteurs favorisants

Il en existe plusieurs, en voici une liste des principaux :

  • Allergènes,
  • Pollution,
  • Irritants chimiques,
  • Tabac,
  • Air froid,
  • Exercice ou activité physique,
  • Nourrissons ou enfants,
  • Avoir moins de 45 ans,
  • Caractère familial,
  • Infection bronchique,
  • Stress,
  • Emotion,

4- Signes cliniques

Prodromes : éternuements, toux, céphalées, prurit nasal.

  • Toux +++
  • Dyspnée expiratoire : respiration sibilante, sensation de blocage dans la poitrine
  • Difficulté à respirer (manifestations par crises souvent nocturnes)
  • Tachypnée ou bradypnée, tachycardie

En cas de crise sévère / état de mal asthmatique = URGENCE VITALE +++ :

  • Diminution de la Sa02
  • Dyspnée intense avec tirage
  • Tachycardie > 130 bpm sinusale
  • Epuisement dû à la fatigue musculaire, somnolence
  • Balancement thoraco-abdominal
  • Battement des ailes du nez chez l’enfant

5- Axes thérapeutiques

Traitement de crise :

  • Utilisation de bronchodilatateurs d’action immédiate, les β2 mimétiques et atropiniques.
  • Corticothérapie associée qui agit sur l’inflammation bronchique.
  • Oxygénothérapie si nécessaire.

Traitement de fond : pour prévenir l’apparition des crises

Education (cf. fiche éducation thérapeutique de l’asthme) dès le plus jeune âge et accompagnement des parents et de l’entourage du patient afin de supprimer les allergènes, favoriser l’autogestion du traitement par le patient

Désensibilisation après une enquête allergologique.


6- Soins infirmiers

a- Accueil d’un patient en crise

  • Mettre le patient sous O2 en position demi assise (pour diminuer l’hypoxie)
  • Rassurer le patient et l’entourage
  • Prise de constantes : Tension artérielle, fréquences cardiaque et respiratoire, saturation en O2
  • Pose d’une voie veineuse périphérique si besoin
  • Administration des thérapeutiques prescrites
  • Mettre la sonnette à disposition du patient pour qu’il puisse alerter les soignants en cas d’aggravation de son état respiratoire

b– Surveillance des signes cliniques et biologiques

  • Fréquence respiratoire (norme : 12 à 20 mouvements/min) → Dyspnée, tachypnée, tirage 
  • Fréquence cardiaque (norme : environ 60 à 100 battements/min) → Tachycardie, sueurs, pâleur, cyanose
  • Etat neurologique : agitation, somnolence, troubles de la conscience (pouvant aller jusqu’au coma)
  • Sur prescription médicale : Gaz du sang (hypoxémie, hypercapnie, acidose), ponction veineuse (bilan infectieux, normes,..)

c- Surveillance du traitement

  • Oxygénothérapie adaptée (adapter le débit à la saturation)
  • Bronchodilatateurs par inhalation (aérosols) : surveillance du matériel et du respect de la durée du soin (15 min) et de sa fréquence (plusieurs fois par jour, à distance des repas, après un lavage de nez chez l’enfant ne sachant pas se moucher…)
Aérosolthérapie
  • Corticothérapie : IV ou per os sur prescription médicale pour diminuer l’inflammation.
  • Si utilisation de Salbutamol en IV, surveillance car tachycardie régulière.

d- Soins éducatifs du patient et de l’entourage

  • Tenter d’identifier les allergènes ayant causé la crise (interrogatoire)
  • Donner des conseils (hygiène, habitudes de vie…)
  • Utilisation d’un Peak Flow (appelé aussi débitmètre de pointe, fluxmètre) : dispositif vendu en pharmacie qui permet aux personnes asthmatiques de surveiller leur asthme et d’apprécier l’intensité de la crise lorsque celle-ci survient. Dispositif préconisé pour les asthmatiques adultes et les enfants à partir de l’âge de 5 ans.
  • Utilisation des sprays inhalés (agiter avant utilisation, expirer profondément, mettre l’embout en serrant les lèvres autour, inspirer ensuite lentement et profondément par la bouche, bloquer la respiration puis expirer lentement). Possibilité d’utilisation d’une chambre d’inhalation.
  • Se rincer systématiquement la bouche après la prise de corticoïdes et réaliser les bronchodilatateurs avant les corticoïdes (moyen mnémotechnique : le B avant le C dans l’alphabet).


SOURCES

  • Cours IFSI Nice
  • Cours IFSI Montluçon

La pneumologie est la spécialité qui étudie les pathologies respiratoires, qui touchent les poumons, la plèvre, les bronches et la trachée.



Population rencontrée

Vous rencontrerez des patients de tous les âges (avec une prédominance >50 ans).


Equipe professionnelle essentiellement rencontrée

  • Pneumologue
  • Chirurgien thoracique
  • Médecin
  • Interne
  • Infirmier(e) diplômé(e) d’Etat
  • Aide-soignant(e)

  • Diététicien(ne)
  • Assistant(e) social(e)
  • Kinésithérapeute
  • Secrétaire
  • ASHQ
  • Manipulateur radio

Cette liste est non exhaustive. Vous pouvez rencontrer, selon les services et habitudes de service, d’autres professionnels de santé, des agents des services techniques,…


Soins essentiellement rencontrés

  • Soin pré et postopératoire
  • Mesure des paramètres vitaux
  • Electrocardiogramme
  • Ponction veineuse
  • Ponction artérielle
  • Soins d’hygiène et de confort
  • Réalisation d’une entrée et sortie de patient
  • Education aux règles hygiènodiététiques
  • Manipulation de chambre implantable
  • Manipulation de cathéter central
  • Réalisation d’examen cytobactériologique de crachats
  • Pansement simple
  • Ablation de drain, fils, agrafe
  • Aérosolthérapie
  • Pose et surveillance de cathéter périphérique
  • Pose et surveillance de perfusion
  • Préparation et administration de traitements intraveineux, sous-cutanés
  • Enregistrement polysomnographique
  • Préparation et aide à la réalisation de fibroscopie
  • Pose et surveillance de chimiothérapie
  • Surveillance de drain
  • Evaluation de la douleur

Cette liste est non exhaustive et regroupe les principaux soins rencontrés.


Traitements essentiellement rencontrés

  • Anticoagulants
  • Antalgiques
  • Bronchodilatateurs inhalés et anticholinergiques
  • Anti-inflammatoires
  • Antibiotiques

Cette liste est non exhaustive et regroupe les principaux traitements rencontrés.


Pathologies essentiellement rencontrées

  • Insuffisance respiratoire
  • Oncopneumologie
  • Asthme
  • Embolie pulmonaire
  • Bronchopneumopathie chronique obstructive
  • Mucoviscidose
  • Hémothorax
  • Apnée du sommeil
  • Pneumothorax
  • Hypertension artérielle pulmonaire
  • Pneumopathie
  • Pleurésie
  • Pleuropneumopathie
  • Infarctus pulmonaire
  • Laryngite

Cette liste est non exhaustive et regroupe les principales pathologies rencontrées.


Prérequis

  • Connaissance du système respiratoire (anatomie et physiologie) ainsi que du système cardiologique
  • Connaissance en oncologie et soins palliatifs si possible
  • Connaissance des précautions standard et complémentaires
  • Connaissance des gestes d’urgence
  • Maîtrise des règles d’hygiène et d’asepsie

Dans tous les cas, l’ensemble de ces notions seront présentes tout au long de votre stage. Ces quelques conseils vous permettront seulement d’être un peu plus à l’aise lors du début de votre stage. N’hésitez pas à interpeller les professionnels de santé s’il y a des choses que vous ne comprenez pas ; mais essayez également de rechercher par vos propres moyens à l’aide des différents outils (ou ressources) à votre disposition dans le service. Nous vous souhaitons un très bon stage.


Oxygénothérapie en VS chez l’adulte

REGLEMENTATION

L’oxygène est une médicament soumis à prescription médicale.

  • En France, l’oxygène médical a le statut de médicament lorsqu’il est émis à partir d’un réservoir d’oxygène liquide ou gazeux : art L5111-1 de la loi n°2007-248 du 27 février 2007 du code de santé publique.
  • C’est un soin infirmier sur prescription médicale : art R4311-7 décret 2004-802 du 29 juillet 2004 du code de la santé publique :

L’IDE est habilité à pratiquer les actes suivants soit en application d’une prescription médicale qui, sauf urgence, est écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, soit en application d’un protocole écrit qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin :

6 ° Administration des médicaments

31° Pose d’une sonde à oxygène

32° Installation et surveillance des personnes placées sous oxygénothérapie normobare et à l’intérieur d’un caisson hyperbare.”

  • La prescription médicale doit comporter une SpO2 cible, être horodatée et signée. Elle vous aidera à faire varier le débit au niveau du manomètre afin d’administrer la bonne dose d’oxygène. Attention, avant tous changements de débit, vérifier la bonne mise en place des moyens d’oxygénothérapie.

1-LES MOYENS D’OXYGENOTHERAPIE

a- Les lunettes

  • Débit : de 2 à 6 L/min
  • délivrance d’une FiO2 de 24 à 50 % : cela dépend du débit d’oxygène et de la ventilation du patient
  • pas de réinhalation, bien supporté, permet l’alimentation et l’hydratation
  • coût faible
  • l’utilisation d’un humidificateur est préconisé  si l’utilisation dépasse 12h (systématique chez l’enfant) 
  • Attention au risque de plaie /escarre au niveau du nez (arrête, narines)

    Humidificateur

    b- Le masque simple (ou basse concentration)

     

  • Débit: de 5 à 10 L/min
  • Délivrance d’une FiO2 de 35 à 60 %
  • Bonne tolérance
  • Ne pas utiliser en dessous de 5 L/min (même si le fabricant a un avis contraire) car risque important de réinhalation de CO2.

 

 

c- Le masque Haute-Concentration

  • Débit : > 10 L/min
  • Délivrance d’une FiO2 de 60 à 80 % ou plus
  • Usage limité dans le temps, pour les urgences vitales ou certaines prises en charge comme les intoxication au CO2

 

 

 

2- LE CYCLE RESPIRATOIRE

Le seul moment où un patient peut inhaler de l’oxygène est l’inspiration, qui représente physiologiquement ⅓ du temps du cycle respiratoire.

Avec l’oxygénothérapie, l’O2 est délivré à débit continu alors que dans le cycle le débit inspiratoire est court et élevé. Pendant l’inspiration en air ambiant, le patient reçoit l’oxygène qu’on lui apporte  (⅓ du cycle) et de l’air pour compléter son flux de gaz entrant.

La situation est améliorée si les cavités narinaires servent de réservoir.

Sous oxygène, le patient reçoit l’oxygène délivré et  l’oxygène présent dans les réservoirs naturels. Durant l’expiration, l’oxygène délivré rempli la parti supérieur des narines (réservoir naturel). A l’inspiration, le patient recevra l’oxygène des lunettes + celui stocké durant l’expiration et celui présent en air ambiant.

La seule façon d’améliorer l’efficacité du système est d’augmenter la taille du réservoir qui se remplira durant l’expiration et se videra durant l’inspiration.

Plus le réservoir de gaz disponible pour l’inspiration est grand, plus la quantité d’oxygène disponible l’est et plus la fraction inspiratoire d’oxygène (FiO2) sera élevée.

ex : lunettes → réservoir = narines

     masque simple → réservoir = narines + masque

     masque à haute concentration → réservoir = narines + masque + poche

 

3- PRECAUTIONS D’EMPLOI

  • Ne jamais graisser une bouteille ou un manomètre à oxygène : risque d’explosion
  • Ne jamais fumer à proximité de l’oxygène : produit très inflammable pouvant entraîner une explosion
  • Ne pas mettre de corps gras au niveau du visage du patient (attention vaseline et baumes à lèvres…)

 

4- OXYGENATION

Valeurs normales de la SpO2 (= saturation en oxygène mesurée par oxymétrie de pouls) pour un adulte sain en période de veille*

SpO2 = 96-98 % minimum

*Pendant le sommeil la SpO2 peut descendre transitoirement jusqu’à ~ 84%

Quelques cibles

  • 94-98% chez la majorité des patients
  • 88-92% chez les patients BPCO, insuffisants respiratoires, obèses
  • Autres cibles possibles sur prescription du médecin pour certains pathologies

Réflexes de professionnels

Quand vous arrivez en stage ou que vous prenez vos fonctions dans un service, il est bien de rechercher le classeur ou le support informatique contenant les protocoles de votre lieu de travail.

5- LES AEROSOLS

Acte médicamenteux sur prescription.

Le but est de faire respirer un médicament en suspension dans un gaz. Pour cela, on utilise un masque spécifique ayant un réservoir pour le médicament (forme liquide). L’aérosol peut être réalisé sous oxygène médical ou sous air selon la prescription médicale. Il peut se faire dans une unité de soins ou au domicile grâce à des nébuliseurs fournis ou loués par les pharmacies. Les patients intubés ventilés peuvent également recevoir des aérosols avec un système s’adaptant aux tuyaux des respirateurs.

Installation du patient

Afin d’administrer de façon adéquat un aérosol, il est important de respecter quelques étapes.

  • Faire moucher le patient (lavage de nez chez l’enfant)
  • L’installer en position assise ou semi assise
  • Vérifier la prescription
  • Vérifier les dates de péremptions
  • Préparer le masque avec les médicaments
  • Allumer l’air ou l’oxygène selon la prescription
  • Ajuster le masque au patient

 

Sources :

  • http://proadmedical0.surinternet.com
  • http://fiches-de-soins.eu
  • http://directmedical.fr
  • http://medicaffaires.com
  • http://medicassistance-soleil.fr
  • Cours personnels IFSI

 

Télécharger la fiche