La défaillance organique du rein temporaire ou définitive…


1- Rappels anatomiques

Les reins sont au nombre de deux, et sont situés dans la partie postérieure de l’abdomen, de part et d’autre de la colonne vertébrale, sous les dernières côtes. Chaque rein mesure environ 11 cm, de long et est relié à l’artère aorte et à la veine cave inférieure par l’artère et la veine rénale. Le rein a pour fonction de former l’urine en filtrant le sang. L’urine formée est collectée au milieu du rein et s’écoule ensuite par l’uretère jusqu’à la vessie pour y être stockée avant d’être éliminée par le canal appelé urètre.

Les fonctions des reins sont :

  • La filtration/épuration : du sang afin d’éliminer les toxines produites par le fonctionnement normal du corps.
  • L’équilibration : du « milieu intérieur » essentiellement de l’eau et des sels minéraux (sodium, potassium, calcium, bicarbonate, magnésium) ;  régulation de l’équilibre acido-basique
  • La régulation de la pression artérielle : par la production d’hormones et la régulation de la quantité d’eau et de sodium de l’organisme
  • La sécrétion de vitamine D : rôle important dans la minéralisation de l’os et le maintien du taux sanguin de calcium (nécessaire pour la fixation de la vitamine D)
  • La sécrétion d’EPO (érythropoïétine) : qui stimule la production de l’hémoglobine et des globules rouges par la moelle osseuse
  • La fonction endocrinienne

2- Définitions

On distingue deux types d’insuffisances rénales :

  • L’insuffisance rénale aiguë (IRA) = dysfonctionnement transitoire et réversible des reins
  • L’insuffisance rénale chronique (IRC) = destruction progressive et irréversible des reins

3- L’insuffisance rénale aiguë

3.1- Définition

Baisse importante et subite du débit de filtration glomérulaire qui peut durer de quelques heures à quelques jours. Pour cela il faut effectuer un dosage du taux sanguin de créatinine (protéine éliminée normalement par les reins) qui se trouvera fortement augmentée (norme : homme= 8-13 mg/L, femme = 6-10 mg/L).

3.2- Signes cliniques
  • Oligurie/anurie
  • Œdème (des membres inférieurs ou OAP)
  • Altération de l’Etat Général (AEG)
  • Douleurs à la palpation
  • Troubles digestifs
  • Urémie
3.3- Étiologies
  • L’insuffisance rénale aiguë fonctionnelle = pré-rénale

Peut être causée par une hypovolémie (choc hémorragique ou anaphylactique), une déshydratation extracellulaire (digestive, cutanée, rénale par exemple avec l’utilisation de diurétiques) ou l’utilisation de certains médicaments (diurétiques, AINS, anesthésiques…). Pour confirmer la cause fonctionnelle il faut réaliser un ionogramme sanguin et urinaire.

  • L’insuffisance rénale aiguë obstructive

Il faut pour cela rechercher la présence d’un obstacle intra-vésicale (caillot, tumeur, lithiases), ou sous vésicale (hypertrophie de la prostate, lithiases, tumeur…). Pour confirmer la cause obstructive il faut réaliser une échographie rénale à la recherche de l’obstacle. Une tomodensitométrie abdomino-pelvienne peut aussi permettre le diagnostic.

  • L’insuffisance rénale aiguë organique

Plusieurs étiologies possibles : vasculaires (HTA maligne, emboles, occlusion aiguë de l’artère ou de la veine rénale…), glomérulaires (syndrome néphrotique aigu, glomérulonéphrite rapidement progressive), tubulaires (état de choc, toxique, rhabdomyolyse, obstruction intra-tubulaire…), interstitielles (infection, immuno-allergique, infiltration cellulaire). Pour confirmer la cause organique il faut réaliser un ECBU, analyse du sédiment urinaire, protéinurie des 24H, électrophorèse des protéines urinaires. Il peut aussi être réalisé une ponction biopsie rénale.

3.4- Traitements
  • Pour l’IRA obstructive : drainage en urgence des urines par sonde vésicale, cathéter sus-pubien, sonde JJ, néphrostomie et traitement de l’obstacle (lithotritie extra corporelle,…)
  • Pour l’IRA fonctionnelle : arrêt des traitements néphrotoxiques, correction du choc hypovolémique ou anaphylactique
  • Pour l’IRA organique : traitement de la cause

4- L’insuffisance rénale chronique (IRC) et terminale (IRT)

4.1- Définition

Diminution permanente et irréversible du débit de filtration glomérulaire (DFG), secondaire à une maladie rénale évoluant depuis plus de 3 mois et pouvant aboutir à une insuffisance rénale terminale. L’IRC se définit par un DFG < à 80ml/min et l’IRT par un DFG < à 15 ml/min (norme = 120 ml/min).

4.2- Signes cliniques
  • Signes biologiques : Augmentation de la créatinine, baisse de la clairance de la créatinine, protéinurie, hématurie, leucocyturie
  • Manifestations hématologiques : Anémie, troubles de l’hémostase, déficit immunitaire
  • Manifestations cardio-vasculaires : HTA, surcharge hydro-sodée, hypertrophie ventriculaire gauche, athérosclérose accélérée
  • Perturbations métaboliques : Hypocalcémie, hyperphosphorémie, acidose métabolique, dyslipidémie, malnutrition
  • Manifestations neurologiques : Troubles mnésiques, troubles du sommeil, polynévrite, impatiences
  • Manifestations digestives : Nausée, vomissement, anorexie, œsophagite
  • Manifestations cutanées : Prurit, calcifications cutanées, pigmentation cireuse
  • Manifestations endocriniennes : Dysménorrhées, hypofertilité, baisse de libido, dysfonction érectile
4.3- Étiologies
  • Néphropathies vasculaires et hypertensives
  • Néphropathie diabétique
  • Glomérulonéphrites chroniques
  • Néphropathies héréditaires (polykystoses rénales essentiellement)
  • Néphropathies interstitielles chroniques
  • Néphropathies d’origine indéterminée

4.4- Traitements

  • Règles diététiques : Régime hyposodé, hypoprotidique, pauvre en potassium ; Adaptation de la quantité de boisson à la diurèse.
  • Traitement de l’hypertension : Inhibiteurs du système rénine-angiotensine (Razilex®), diurétiques (Lasilix®, Esidrex®).
  • Traitement de l’anémie : EPO (Aranesp®, Eprex®, Mircera®,…), fer (Tardyferon®, Fumafer®, Venofer®,…).
  • Correction des troubles phosphocalciques : Vitamine D (Uvedose®, Dedrogyl®, Un Alfa®,…), calcium (Calcidia®, Cacit®,…), chélateur du phosphore = substance qui entoure la molécule du phosphore afin de l’éliminer dans les selles (Rénagel®, Renvela®, …).
  • Correction des troubles métaboliques : Kayexalate® pour l’hyperkaliémie, bicarbonates pour l’acidose métabolique, statines pour la dyslipidémie (Elisor®, Tahor®,…) et équilibrer le diabète.

4.5- Traitements de l’insuffisance rénale terminale

  • Hémodialyse : technique permettant d’épurer le sang par le biais d’un rein artificiel
  • Dialyse péritonéale : technique utilisant le péritoine comme filtre pour épurer le sang
  • Greffe rénale : consiste à implanter un greffon prélevé sur un donneur décédé, ou vivant, ou par le biais de dons croisés

SOURCES

Le grand nettoyage… Un « rein artificiel externe » ; une technique de suppléance de la maladie rénale chronique.


1- Définition

La dialyse péritonéale (DP) consiste à débarrasser le sang des substances toxiques qui s’accumulent dans l’organisme lorsque les reins ne fonctionnent plus. C’est la dialyse qui se rapproche le plus du fonctionnement du rein dit « normal » car l’élimination des déchets se fait en continu.


2- Prérequis d’anatomie

Le péritoine est composé de deux membranes : une membrane qui tapisse l’abdomen (péritoine pariétal) et une membrane qui entoure les organes et viscères abdominaux (péritoine viscéral). Entre les deux membranes, il existe normalement un espace très limité appelé cavité péritonéale où circule une quantité minime de liquide.

En insérant un cathéter entre ces deux membranes, on peut augmenter artificiellement la quantité de liquide de cette cavité. C’est le principe de la dialyse péritonéale. Le péritoine laisse passer principalement les petites molécules (urée, créatinine, sodium, potassium, calcium, phosphore…) et retient les grosses telles que les protides, le glucose ou les globules rouges.


3- Principes

3.1- Prérequis d’hémodialyse

L’hémodialyse est caractérisée par le nettoyage du sang qui passe dans un circuit sanguin externe. Là, le sang rencontre un liquide de dialyse (= dialysat) dans un rein artificiel et se débarrasse des substances toxiques avant de retourner dans le corps par la fistule. Ce traitement indolore dure de 3 à 8 heures, trois fois par semaine en moyenne.

3.2- La DP à proprement parler

La DP comme son nom l’indique se sert d’une membrane naturelle, le péritoine. Il permet d’agir comme un filtre au travers duquel les molécules dissoutes telles que l’urée, le potassium et les phosphates passent. Cette technique d’épuration continue se rapproche le plus du fonctionnement normal du rein qui travaille 24h sur 24 sans interruption.

Le dialysat est introduit à l’aide d’un cathéter préalablement implanté dans l’abdomen (petit tuyau qui abouche à la peau du patient). Ce liquide débarrasse le sang des toxines que le rein n’arrive plus à éliminer. Le liquide injecté va se charger de substances que le rein n’arrive plus à éliminer naturellement grâce à deux mécanismes.

La diffusion :

Après injection du dialysat dans l’abdomen, le sang et le dialysat ne sont séparés que par le péritoine. Les lois physiques font que s’il y a une différence de concentration entre deux compartiments, les petites molécules se déplacent pour venir équilibrer les deux milieux. Elles se déplacent du milieu le plus concentré vers celui qui l’est moins. Quand la concentration devient identique, on renouvelle le liquide en injectant un nouveau dialysat dépourvu de petites molécules (et ainsi de suite à chaque fois que le liquide a la même concentration que le sang). En renouvelant cette procédure on épure au fur et à mesure le sang de ses molécules toxiques.

L’osmose ou ultrafiltration :

À l’état naturel, les reins éliminent l’eau présente en excédent dans notre organisme. Toujours en utilisant les mêmes lois de physique, il suffit d’augmenter la concentration du dialysat par rapport à celle du sang pour faire un appel d’eau. L’eau passe alors du milieu le moins concentré (le sang) vers le milieu le plus concentré (le dialysat). C’est la pression osmotique. On utilise une grosse molécule dans le dialysat tel que le glucose, qui ne diffuse pas à la même vitesse que l’eau, afin de soustraire de l’eau lors de cette technique. Plus la concentration en sucre augmente dans le dialysat plus on va soustraire d’eau au patient.


4- Le cathéter de DP

Le cathéter est mis en place de façon chirurgicale, soit par laparoscopie, soit par voie percutanée sous scopie. Ce tube souple en silicone sert à introduire ou extraire le dialysat de la cavité péritonéale. Il se caractérise par une partie externe d’environ 10 cm abouchée à la peau et d’une partie interne qui se compose de nombreux orifices latéraux pour faciliter la circulation des liquides. Deux manchons vont permettre la perméabilité de ce système en fabriquant un tissu dense et fibrineux autour du cathéter afin d’éviter la contamination microbienne et de le maintenir en place. L’orifice doit être nettoyé régulièrement et inspecté afin de prévenir de toute infection. Le cathéter contient un clamp externe pour éviter tout reflux de liquide lors des manipulations.


5- Réalisation

Cette technique se fait principalement à domicile (mais elle peut être faite à l’hôpital si le patient est hospitalisé et sous DP) soit manuellement la journée, soit mécaniquement grâce à une machine la nuit.

5.1- La DP continue (DPC)

Elle consiste à introduire, en application d’une prescription médicale établie par un néphrologue, 3 à 4 fois par 24h, une quantité de dialysat variant entre 1 et 3 Litres. Ainsi, selon l’âge, le poids et les caractéristiques personnelles du patient (clairance, diurèse résiduelle…), son péritoine contient en permanence une certaine quantité de liquide.

Au bout de quelques heures, quand il est saturé, renouveler la procédure en vidant la cavité péritonéale du dialysat « saturé » et injecter un nouveau dialysat « propre, non saturé ».

La tubulure est déjà raccordée en Y à la poche de dialysat et la poche vide de drainage. Elle ne doit pas gêner le patient pour marcher, ni dans ses activités quotidiennes.

Le branchement se fait en Y entre le patient, la poche de dialysat « non saturé » et la poche vide pour éliminer le dialysat « saturé ». Ainsi, ceci évite toute manipulation inutile.  Il faut commencer par vidanger le dialysat saturé par gravité, quand le péritoine est vide, il faut clamper la poche contenant le dialysat « saturé » afin d’injecter par gravité à votre patient le dialysat « non saturé ».

Pour l’acte :

Les poches sont posées au préalable sur un réchauffeur (tubulure vers le haut afin de ne pas endommager les tuyaux) pour ne pas faire une variation brusque de température chez le patient.

  • Fermer portes et fenêtres
  • S’installer sur un endroit propre et décontaminé
  • Installer le matériel : potence avec peson et crochet, un masque pour le patient et un pour le soignant, des gants non stériles, une coquille bétadinée, un bouchon de déconnexion bétadiné, deux clamps, la poche prescrite, de la solution hydro-alcoolique, le carnet de suivi.
  • Lavage des mains
  • Retirer le suremballage de la poche
  • Vérifier en concordance avec la prescription : nom de la solution, concentration, volume, péremption, limpidité et intégrité de la poche
  • Casser la canule entre les deux compartiments (en présence d’une solution se présentant en deux pochons à reconstituer)
  • Ouvrir l’emballage de la coquille
  • Préparer le cathéter du patient
  • Friction à la solution hydro alcoolique
  • Port de gants et masque pour le soignant ; masque pour le patient durant toute la durée du soin
  • Saisir le Y d’une main, retirer le bouchon de la poche
  • Saisir le cathéter et dévisser l’ancien bouchon bétadiné
  • Effectuer la connexion en vissant sans vriller le cathéter (la main côté poche visse, pas celle qui tient le cathéter)
  • Positionner la collerette de la tubulure dans l’encoche de la coquille bétadinée
  • Fermer la coquille et la faire pivoter plusieurs fois
  • Suspendre la poche pleine au peson (peser poche pleine)
  • Mettre poche vide en position de drainage (par gravité)
  • Ouvrir le clamp du cathéter patient (le drainage commence)
  • A la fin du drainage, fermer le clamp patient et mettre un clamp sur la ligne de drainage contenant le dialysat saturé
  • Peser le dialysat saturé
  • Vérifier que la poche à injecter soit bien reconstituée
  • Casser la canule sécable de la tubulure
  • Ouvrir le clamp du cathéter patient (l’injection commence)
  • A la fin du drainage fermer le clamp patient et mettre un clamp sur la ligne d’injection du dialysat
  • Ouvrir l’emballage du bouchon
  • Déconnecter le système en dévissant sans vriller le cathéter
  • Mettre le bouchon en place
  • Retranscrire les informations : afin de quantifier les échanges il est important de peser la poche contenant le dialysat saturé et de noter la quantité injectée de dialysat non saturé. Noter également le poids du patient avant le soin, sa pression artérielle, l’aspect de la poche drainée dans le carnet de suivi. Il peut également être utile de préciser si le patient a uriné, été à la selle…
  • Calculer l’ultrafiltration (différence de poids entre dialysat précédemment injecté et dialysat saturé recueilli)
  • Positionner sur le réchauffeur une poche neuve pour le prochain soin
  • La poche de drainage peut ensuite se vider dans les toilettes comme l’urine. L’élimination des déchets se fait quant à elle dans des sacs DASRI et DAOM.
5.2- La DP automatisée (DPA)

La dialyse automatisée sous-entend qu’il n’y a pas d’intervention pour renouveler le liquide, c’est la machine, directement reliée au cathéter qui s’en occupe. La journée, comme en DPC, le péritoine contient un liquide mais le volume en est réduit. Le soir, à l’aide des poches de dialyse installées sur la machine, le cathéter est connecté à une tubulure, elle-même reliée à ces poches. Le patient est normalement relativement autonome sur cette manipulation et une intervention infirmière n’est plus nécessaire après éducation du patient. Après l’épuration nocturne, le patient se débranche le matin.

Informations :

  • La longueur de la tubulure est calculée pour permettre à la personne de dormir « normalement ».
  • La machine peut être déplacée (sur roulettes).
  • La durée moyenne de connexion est de 10h en DPA mais cela peut varier entre 8 et 12h, toutes les nuits.

6- Avantages, inconvénients et contre-indications

  • Avantages 
    • Préservation de la fonction rénale résiduelle : la persistance de la production d’urine est plus longue qu’en hémodialyse (cesse au bout de quelques mois).
    • Permet au patient un certain confort : peut boire un peu plus qu’un hémodialysé, alimentation moins contraignante : il faut seulement éviter les féculents et sucres.
    • Préservation du capital veineux du bras (pour une éventuelle hémodialyse par la suite) : le meilleur moyen de préserver les veines est de ne pas les sursolliciter.
    • Moins de fatigue : cette méthode est plus douce en étant réalisée tous les jours, alors que l’hémodialyse entraîne des variations brutales dans l’organisme
    • Permet aux sujets actifs de continuer à avoir une activité professionnelle la journée, tout en bénéficiant d’une dialyse la nuit.
  • Inconvénients
    • En moyenne la DP dure 5 ans mais certains patients sont sous DP depuis plus de 20 ans. En effet, il y a une meilleure tolérance actuelle des dialysats du fait de la prévention des infections.
    • Péritonite récidivante donc risque infectieux ++
    • Dialyse devenant insuffisante et donc inefficace
    • Socio-psychologiques : le traitement par DP peut être vu comme une contrainte par rapport aux habitudes de vie du patient en journée (DPC) ou en soirée (DPA). Pour des voyages, il faut prévoir suffisamment à l’avance pour que la quantité de matériel acheminée soit la bonne et en temps voulu.
    • Matériels : le volume de matériel est relativement important à stocker au domicile et il n’est pas envisageable pour tous.
  • Contre-Indications
    • Chirurgie abdominale lourde : la surface de péritoine disponible peut être insuffisante en cas de chirurgie sur l’intestin (création d’adhérences) et ne suffit donc pas pour une dialyse efficace.
    • Patients à risque de péritonite : ayant eu des diverticules, maladies du colon ou des diarrhées fréquentes.
    • Patient souffrant de malnutrition : la dialyse péritonéale, en raison de l’apport de sucre, peut diminuer l’appétit. Si le patient mange peu, la malnutrition risque d’être majorée.

SOURCES

Le corps humain est décomposé en multiples organes, multiples appareils, multiples systèmes,… ayant chacun des fonctions différentes mais complémentaires entre-elles. Chaque système est impliqué dans une ou des fonctions spécifiques essentielles au bien-être et au maintien de la vie de l’individu. La défaillance d’un système retentit sur l’ensemble.


1- Définitions

Selon le Petit Larousse, l’anatomie est la “science qui a pour objet l’étude de la forme et de la structure des êtres organisés, et celles des rapports des organes qui la constituent”. Autrement dit, l’Anatomie est l’étude de la structure du corps et des relations entre ses différents systèmes.  L’anatomie désigne à la fois la structure d’un organisme et la branche de la biologie/médecine.

Quant à la physiologie, elle est l’étude des fonctions du corps, c’est-à-dire l’étude du fonctionnement des différents systèmes/organes. La physiologie s’intéresse aux fonctions et propriétés des organes et tissus des êtres vivants.

Anatomie et physiologie sont indissociables. Les fonctions accomplies par un organe dépendent de sa structure. C’est ce qu’on appelle la relation structure-fonction.


2- Les niveaux d’organisation du corps humain

L’ensemble des structures du corps humain sont organisées en niveaux.

a- Le niveau chimique

Il est le premier niveau, le plus petit et concerne les atomes (Carbone, Hydrogène, Oxygène…). Reliés entre-eux, ceux-ci forment des molécules (comme la molécule d’ADN par exemple).

b- Le niveau cellulaire

Il est formé par l’accumulation des différentes molécules en organites (éléments fondamentaux de la cellule). Exemple : une cellule du myocarde.

c- Le niveau tissulaire

C’est une accumulation de cellules, entourée de matériaux qui donne au tissus sa fonction. Quatre types de tissus existent :

  • Le tissus épithélial, qui recouvre les surfaces du corps, tapisse la paroi interne des cavités, organes creux, des conduits… et forme les glandes.
  • Le tissus conjonctif qui protège et soutient le corps et les organes, constitue les réserves d’énergie….
  • Le tissus musculaire qui produit la force physique nécessaire aux mouvements des structures corporelles…
  • Le tissus nerveux qui détecte les variations du milieu extérieur et intérieur, déclenche et transmets des influx nerveux….
d- Le niveau organique

Il correspond à la réunion d’au moins deux tissus et forme les organes.

e- Le niveau systémique

Il correspond au quatrième et avant-dernier niveau. Il est constitué d’organes qui interagissent entre-eux pour accomplir une fonction commune.

f- Le niveau de l’organisme entier

Il s’agit de l’interaction de l’ensemble des différents systèmes.

Si nous voulons créer une analogie pour une meilleure compréhension, le niveau chimique serait une lettre, le niveau cellulaire un mot, le tissulaire une phrase, l’organique un paragraphe, le niveau systémique serait un chapitre, et pour finir, l’organisme entier serait un livre.


3- Les différents systèmes du corps humain

Ils sont au nombre de 11.

  • Le système tégumentaire, est composé de la peau et de ses structures dérivées. Il a pour rôle de former l’enveloppe externe de l’organisme entier, de le protéger contre les lésions, d’éliminer certains déchets et de synthétiser la vitamine D par exemple. Il joue également un rôle dans la perception de la douleur et dans le maintien de la thermorégulation.
  • Le système squelettique, qui a essentiellement un rôle de soutien et de protection. Il permet l’attache des muscles, abrite les cellules produisant les cellules sanguines (moelle osseuse) et constitue une réserve minérale et lipidiques.
  • Le système musculaire, qui permet au corps de se mettre en mouvement, de maintenir une position/posture, et qui participe à la thermorégulation en produisant de la chaleur.
  • Le système nerveux qui a pour rôle la régulation des activités de l’organisme au moyen d’influx nerveux, il détecte les changement internes et externes et tente d’apporter une réponse. C’est un des systèmes le plus rapide de l’organisme.
  • Le système endocrinien qui assure la régulation des activités du corps humain au moyen d’hormones transportées par le sang d’une glande endocrine vers les organes cibles.
  • Le système cardiovasculaire : le coeur pompe le sang et l’envoie dans les vaisseaux sanguins qui le transportent vers l’ensemble des organes. Le sang permet l’approvisionnement en O2 et nutriments aux organes, et permet la collecte des déchets produits. Il permet également la circulation des différentes hormones, des anticorps, des cellules… participe au maintien de l’équilibre acido-basique, à la thermorégulation…
  • Le système lymphatique et immunitaire permet de réa cheminer les lipides et protéines vers le sang. Il est inclus dans les structures où se développent et prolifèrent les lymphocytes qui combattent les agents pathogènes.
  • Le système respiratoire permet, grâce aux échanges effectués, l’oxygénation du sang et des organes lors de l’inspiration et l’évacuation du CO2 lors de l’expiration.
  • Le système digestif a pour but de dégrader physiquement et chimiquement les aliments en nutriments. Il permet également l’absorption des nutriments au niveau de l’organisme et le rejet des déchets solides qui ne peuvent être digérés.
  • Le système urinaire assure la fonction d’élimination des déchets azotés, en produisant, stockant et évacuant l’urine. Il participe également à la régulation du volume et de la composition chimique du sang et au maintien de l’équilibre acido-basique et minéral.
  • Le système génital ou reproducteur qui permet la production et l’acheminement des gamètes (spermatozoïdes et ovules), ainsi que des hormones sexuelles. L’union des deux gamètes produits la fécondation et la création d’un nouvel organisme. NB : chez la femme, les glandes mammaires font partie intégrante du système génital.

4- Les fonctions vitales du corps humain

Elles sont au nombre de six.

  • Le métabolisme correspond à l’ensemble de toutes les réactions chimiques qui ont lieu dans le corps humain. Il se découpe en deux parties :
    • Anabolisme : formation de molécules complexes à partir de molécules simples.
    • Catabolisme : dégradation de molécules complexes en molécules plus petites.
  • La réactivité (ou excitabilité) qui est la capacité à percevoir les changements tant du milieu intérieur que du milieu extérieur, et d’apporter une réaction. Par exemple, quand vous posez la main sur une plaque chaude, vous la retirez immédiatement, sans réfléchir…
  • Le mouvement qui correspond au mouvement général du corps (marche par exemple…) mais également aux mouvements des systèmes, des organes, des cellules… (la circulation des aliments dans le tube digestif par exemple…).
  • La croissance qui est l’augmentation de volume d’une partie du corps, ou de l’organisme entier, par différents procédés : multiplication cellulaire, grossissement cellulaire, par l’augmentation de la matière entourant les cellules. Pour qu’il y ait croissance, il faut un anabolisme < catabolisme.
  • La différenciation : il s’agit de la spécialisation d’une cellule indifférenciée en une cellule spécialisée. Cette cellule aura une fonction différente de celle des cellules dont elle est issue.
  • La reproduction : soit par la multiplication cellulaire, soit par la formation d’un nouvel individu avec la rencontre d’une gamète mâle et d’une gamète femelle.

Conclusion

L’anatomie et la physiologie sont nécessaires pour comprendre le fonctionnement de l’organisme humain. Elles sont la base de toutes les connaissances utilisées pour exercer le métier d’IDE.


SOURCES

– TORTORA et DERRICKSON, Manuel d’anatomie et de physiologie humaines, De Boeck, 2010.

– N.MARIEB E., HOEHN K., Anatomie et physiologie humaines, Pearson, 2015.

– Cours personnels IFSI MONTLUCON 2010-2013.

– http://blog.univ-angers.fr/sante/files/2013/05/medecine_anatomie_et_physiologie.pdf , consulté du 19 au 23 janvier 2017.

CANCER DE LA PROSTATE

1- LA PROSTATE

Glande de l’appareil génital masculin située entre la vessie et le rectum et entourant l’urètre. La prostate est formée de deux lobes. La prostate a un rôle dans la production du sperme (liquide prostatique).

Sources : https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/biologie-prostate-6144/

2- LE CANCER DE LA PROSTATE

Type de cancer le plus fréquent chez l’homme (40 000 cas diagnostiqués par an en France) d’évolution très lente (20 à 30 ans). La plupart du temps la tumeur reste localisée à la prostate. L’adénocarcinome est la forme la plus fréquente.

Il existe 4 stades :

  • Stade I = tumeur localisée à un seul lobe
  • Stade II = tumeur localisée dans les deux lobes
  • Stade III : tumeur étendue aux vésicules séminales
  • Stade IV = envahissement des tissus adjacents (vessie, rectum, urètre) et des ganglions

3- FACTEURS DE RISQUE

  • Âge (> 50 ans)
  • Antécédents familiaux
  • Origine ethnique (les hommes d’origine africaine sont plus touchés)
  • Régime alimentaire
  • Tabagisme
  • Taux élevé de testostérone
  • Obésité
  • Inflammation ou infection de la prostate
  • Exposition à des pesticides, au cadmium, aux dérivés du caoutchouc
  • Alimentation riche en matière grasse

4- SYMPTOMES

  • Difficultés à uriner
  • Douleurs à la miction
  • Besoin fréquent d’uriner
  • Sang dans le sperme ou les urines
  • Changement dans le fonctionnement urinaire
  • Ejaculation douloureuse
  • Problèmes d’érection

Pour les tumeurs dépassant la capsule de la prostate :

  • Troubles du transit, en cas de compression rectale
  • Oedème d’un membre inférieur par envahissement du système lymphatique
  • Obstruction d’un ou des deux uretères

En cas d’envahissement osseux (métastases), des douleurs osseuses au niveau du bassin et du rachis essentiellement peuvent être ressenties.

5- DÉPISTAGE / DIAGNOSTIC

  • Toucher rectal
  • Dosage des PSA dans le sang (N = < 4ng/ml)
  • Biopsie de la prostate
  • Bilan d’extension si cancer avéré : plus le taux de PSA est augmenté, plus la probabilité d’extension est importante. La scintigraphie osseuse permet la recherche des métastases osseuses, et l’IRM endo-rectale permet de savoir si la tumeur dépasse la capsule ou non.

6- TRAITEMENT

  • Surveillance active
  • Prostatectomie radicale
  • Radiothérapie externe ou curiethérapie
  • Traitement hormonal (anti androgènes, analogues de la LH-RH)
  • Chimiothérapie

7- PRÉVENTION

  • Dépistage précoce
  • Traitement par finastéride (Propecia®, Proscar®) ou dutastéride (Avodart®)
  • Supplément en vitamine D
  • Alimentation équilibrée
  • Arrêt du tabac
  • Eviter la sédentarité

 

 

Sources : 

http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-la-prostate/Points-cles

https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=cancer_prostate_pm

https://www.esmo.org/content/download/6627/115193/file/FR-Cancer-de-la-Prostate-Guide-pour-les-Patients.pdf

http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/cancer-type/prostate/prognosis-and-survival/?region=qc

http://www.uro83.fr/pathologies/cancer-prostate

ALEXANDRE J. Processus Tumoraux, UE 2.9, Mémo Infirmier, Elsevier Masson, 2011

COURS personnels

 

 

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Les Antalgiques

1- RAPPELS SUR LA DOULEUR 

Selon l’ISAP (Association internationale pour l’étude de la douleur), la douleur est définie par une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable en réponse à une atteinte tissulaire réelle ou potentielle ou décrite en ces termes.  La douleur repose sur le ressenti du patient ce qui rend son évaluation subjective.

Il existe deux types de douleurs :

  • Les douleurs aiguës : liées à une atteinte tissulaire brutale et de durée brève
  • Les douleurs chroniques : elles sont persistantes et récurrentes et évoluent depuis plus de 3 mois et qui ont une répercussion sur la vie quotidienne du malade.

2- DÉFINITION DES ANTALGIQUES

Les antalgiques, aussi appelés analgésiques, sont des substances qui visent à lutter contre la douleur.

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les antalgiques sont classés en 3 paliers :

  • Palier 1 : antalgiques périphériques (douleurs légères à moyennes)
  • Palier 2 : antalgiques centraux faibles (douleurs moyennes à intenses)
  • Palier 3 : antalgiques centraux forts (douleurs très intenses à rebelles)

3- PALIER I : LES ANTALGIQUES NON OPIACÉS (=Périphériques)

a- Le Paracétamol

Efferalgan®, Dafalgan®, Doliprane®, Perfalgan®,…

  • Propriétés analgésique et antipyrétique
  • Prise toutes les 6 à 8 heures
  • Pic d’action entre 30 minutes et 2 heures
  • Contre indications : insuffisance hépatique ou allergie connue
  • Effets indésirables : hépatotoxicité si surdosage, rares allergies
  • Voies : per os, IV, Intra Rectale
  • Antidote : AcétylCystéine (Fluimucil®,…)

b- Salicylés : aspirine

Aspégic®, Aspirine®

  • Propriétés analgésique, antipyrétique, anti-inflammatoire à fortes doses, antiagrégant plaquettaire
  • Prise toutes les 6 à 8 heures
  • Pic d’action entre 20 minutes et 4 heures
  • Contre indications : allergie connue, risque hémorragique, ulcère gastrique, grossesse au-delà de 6 mois
  • Effets indésirables : allergies, troubles digestifs, hémorragie
  • Voies : per os, IV  

c- AINS (Anti-Inflammatoires non stéroïdiens)

Ibuprofène : Advil®, Nureflex®, Nurofen®

Ketoprofène : Profénid®

Diclofénac : Voltarene®

Flurbiprofène : Antadys®

  • Propriétés analgésiques, antipyrétiques, anti-inflammatoire à fortes doses
  • Prise toutes les 6 à 8 heures
  • Pic d’action entre 30 minutes et 2 heures
  • Contre indications : allergie connue, ulcère gastroduodénale, insuffisance hépatique ou rénale sévère, grossesse
  • Effets indésirables : allergie, troubles digestifs, vertiges, céphalées
  • Voies : per os, IV, IM, intra-rectal, pommades

d- Néfopam

Acupan®

  • Inscrit au palier 1 car non opioïde mais action comparable aux antalgiques de palier 2
  • Propriété analgésique
  • Prise toutes les 4 à 6 heures
  • Pic d’action entre 10 et 30 minutes
  • Contre indications : allergie, antécédents de convulsions, glaucome, adénome de la prostate, enfants de moins de 15 ans, insuffisances hépatique et rénale sévère
  • Effets indésirables : sueurs, somnolence, nausées et vomissements, palpitations, vertiges, rétention urinaire, hallucinations, convulsions, allergies
  • Voies : IV, per os

 

4- PALIER II : LES ANTALGIQUES OPIOÏDES FAIBLES (=Centraux faibles)

a- Codéine / Codéine + Paracétamol

Codenfan®, Codoliprane®, Dalfalgan Codéiné®, Efferalgan Codéiné®

  • Propriété antalgique
  • Prise toutes les 6 à 8 heures
  • Pic d’action entre 30 minutes et 2 heures
  • Contre indications : allergie connue, asthme, insuffisances respiratoire et hépatique sévères,  allaitement, enfants de moins de 12 ans
  • Effets secondaires : constipation, somnolence, nausées, vomissements, vertiges, allergie, bronchospasmes, douleurs abdominales, risque de dépendance et de syndrome de sevrage
  • Voie : per os

b- Tramadol / Tramadol + Paracétamol

Contramal®, Topalgic®, Ixprim®, Zaldiar®

  • Propriété antalgique
  • Prise toutes les 4 à 6 heures
  • Contre indication : intolérance aux opiacés, insuffisance respiratoire et hépatique grave, épilepsie, enfant de moins de 15 ans, allaitement, grossesse
  • Effets secondaires : nausées, vomissements, vertiges, constipation, sueurs, céphalées, somnolence, douleurs abdominales, diarrhée, palpitation, hypotension orthostatique, allergie, dépendance, syndrome de sevrage, dépression respiratoire
  • Voies : per os, IV

c- Opium + Paracétamol + Caféine

Lamaline ®

  • Propriété antalgique et antipyrétique
  • Prise toutes les 4 à 8 heures
  • Contre indications : insuffisance hépatique grave, enfant de moins de 15 ans, grossesse, allaitement
  • Effets secondaires : constipation , palpitations, insomnie, allergie, somnolence, dépendance, epistaxis,
  • Voies : per os, intra-rectale

 

5- PALIER III : LES ANTALGIQUES OPIOÏDES

Ils se prescrivent sur ordonnance sécurisée.

a- Morphine

Actiskénan®, Morphine®, Moscontin LP®, Skenan LP®, Oramorph®

  • Propriété analgésique majeure
  • Prise entre 1 et 12h selon la substance choisie
  • Prise d’action entre 45 minutes et 1 heure (plus rapide pour la morphine IV titrée)
  • Contre indications : allergie, insuffisance respiratoire, traumatisme  crânien, convulsions, insuffisance hépatique sévère, alcoolisme aigu, delirium tremens, allaitement, grossesse sauf nécessité absolue, toxicomanie
  • Effets secondaires : dépression respiratoire, apnée, constipation, nausées, vomissements, rétention urinaire, bradycardie, hypotension, somnolence, confusion, vertiges, hallucinations
  • Voies : IV, SC, per os, péridurale
  • Antidote : Naloxone (Narcan®)

b- Fentanyl

Durogésic®, Effentora®, Actiq®, Abstral®, Instanyl®,

  • Propriété antalgique supérieure à la morphine
  • Prise : pour la forme transdermique, 1patch / 72 heures
  • Pic d’action entre 24 et 72 heures
  • Contre indications : perturbation du système nerveux central, allergie, insuffisance respiratoire sévère, douleurs post-opératoire
  • Effets secondaires : somnolence, nausées, vomissements, constipation, sueurs, démangeaisons, confusion, excitation, difficultés à uriner, trouble du rythme cardiaque, dépression respiratoire, dépendance, vertiges
  • Voie : transdermique, per os, inhalation

c- Oxycodone

Oxycontin LP®, Oxynorm®, Oxynormoro®

  • Propriété antalgique égale à la morphine
  • Prise toutes les 4 à 6 heures ou 12 heures pour LP
  • Pic d’action entre 1 et 4 heures
  • Contre indications : insuffisance hépatique et rénale sévère, asthme, cœur pulmonaire, occlusion intestinale, enfants de moins de 18 ans, allaitement
  • Effets secondaires : constipation, somnolence, confusions, vertiges, céphalées, allergie, nausées, vomissements, anxiété, dépression, hallucinations, cauchemars, tremblements, douleurs abdominales, diarrhée, troubles érectiles et baisse de la libido, difficultés à uriner, hypotension orthostatique, dépendance, syndrome de sevrage
  • Voie : per os

d- Buprénorphine

Temgésic®

  • Propriété analgésique d’action plus longue que la morphine, utilisé chez les toxicomanes pour supprimer le syndrome de manque
  • Prise une fois par jour
  • Contre indications : insuffisance hépatique et respiratoire grave, état d’ivresse aiguë, enfant de moins de 15 ans
  • Effets secondaires : constipation, nausées, vomissements, céphalées, fatigue, somnolence, insomnie, malaise, vertiges, sueurs, hypotension orthostatique
  • Voie : per os

e- Nalbuphine

Nubain®

  • Propriété analgésique d’action identique à la morphine
  • Prise à adapter en fonction des patients
  • Contre indications : douleurs abdominales d’origine inconnues, traumatisme crânien, insuffisance respiratoire, hépatique ou rénale, traitement par codéine ou morphine, allaitement, allergie
  • Effets secondaires : somnolence, vertiges, nausées, vomissements, bouche sèche, céphalées, sueurs, dépendance
  • Voies : IM, IV, SC, Intra rectale

 

 

6- INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Les antalgiques peuvent être utilisés dans différentes prises en charge. Cependant il existe des recommandations d’utilisation. Les antalgiques de Palier 1 s’associent facilement au palier 2 ou 3. Par exemple le paracétamol potentialise l’action de la morphine, association d’un palier 1 et d’un palier 3. Les antalgiques de Palier 2 et 3 s’associent difficilement. Cela n’est pas exclu, mais il faut garder à l’esprit qu’il y a un risque de surdosage ou une majoration possible des effets indésirables. Mélange topalgic et morphine entraînant très souvent des troubles digestifs (nausées ou vomissements).

 

7- LES ANTALGIQUES DÉRIVÉS DE PRATIQUE

a- Mélange équimolaire d’oxygène et de protoxyde d’azote (MEOPA)

Kalinox (R)  Oxynox ® Antasol ® Entonox ®

  • Analgésique de courte durée par voie respiratoire
  • Prise au maximum pendant 60 minutes
  • Pic d’action au bout de 3 minutes
  • Contre indications : hypertension intra-crânienne, altération de la conscience, traumatisme crânien, pneumothorax, emphysème, embolie gazeuse, déficits en vitamine B12 et en acide folique non traités, anomalie neurologique d’apparition récente et inexpliquée, nécessité de ventilation pure, distension gazeuse abdominale, patient ayant reçu un gaz ophtalmique depuis moins de 3 mois, bébé de moins d’un mois.   
  • Effets indésirables : troubles intestinaux, nausées, vomissements, troubles du système nerveux central (paresthésie, sédation excessive, modification des perceptions ), agitation, angoisse, euphorie,
  • Voie : inhalation

b- Lidocaïne + Prilocaïne

Emla ®

  • Action anesthésique locale de la peau ou des muqueuses
  • La prise dépend de la zone à anesthésier et de l’âge du patient. En règle générale, le temps de contact doit être de minimum une heure 30 min ; Pour les peaux noires, le temps de contact doit être multiplié par deux.
  • L’effet persiste entre 1 et 2 heures après le retrait du patch
  • Contre indications : antécédent d’allergie, porphyrie,
  • Effets indésirables : rougeurs ou pâleur locale, démangeaisons, sensation de brûlure, réaction allergique locale, bleuissement des lèvres et des ongles chez le nourrisson.
  • Voie : cutanée
  • Conseil : retirer le patch au moins 15 minutes avant le soin technique. En effet, une vasoconstriction est créée par le principe actif, et les veines peuvent être beaucoup moins visibles.

c- Solution Sucrée

G30%, Sirop de sucre de canne +eau,…

Chez les prématurés et chez les nourrissons, jusqu’à 3 mois environ, il est possible d’utiliser une solution de saccharose par voie orale. La concentration doit être de minimum 20% afin d’être efficace. A donner minimum 2 minutes avant la réalisation d’un soin engendrant une douleur faible à modérée. Associée à la succion, l’effet antalgique est majoré.

 

8- SOULAGER UNE DOULEUR SANS ANTALGIQUES

Dans certaines prises en charge, l’utilisation de traitement neuroleptique peut être prescrite à but antalgique. Souvent les doses sont plus faibles. Le Clonazepam  fait parti des médicaments pouvant être utilisé pour les douleurs neurologiques.  

 

 

Sources : 

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Les Diurétiques

Ce sont des substances qui entraînent une augmentation de la sécrétion urinaire et qui sont utilisées pour traiter différentes pathologies comme l’hypertension (artérielle ou portale), l’insuffisance cardiaque, les œdèmes ou l’hyperkaliémie par exemple. Ils agissent en inhibant la réabsorption du sodium à différents niveaux du néphron (unité fonctionnelle du rein qui filtre le sang et le débarrasse des ses toxines et déchets)

Ils sont classés en 4 catégories. Le choix de la classe dépend de la pathologie traitée.

1- DIURETIQUES DE L’ANSE

  • Inhibent la réabsorption du Sodium (Na)  au niveau de l‘anse de Henlé
  • Action hypokaliémiante
  • Actifs chez les insuffisants rénaux
  • Effet d’apparition rapide (quelques minutes à 30 min) et de durée brève (3 à 7h)
  • Per os ou IV
  • DCI  bumétanide (Burinex®), furosémide (Lasilix®), pirétanide (Eurélix®),…
  • Indications : insuffisance cardiaque, œdème et œdème aigu du poumon, hypertension artérielle, hypercalcémie

2- DIURETIQUES THIAZIDIQUES

  • Inhibent la réabsorption du Na au niveau du segment de dilution
  • Action hypokaliémiante
  • Non actifs chez les insuffisants rénaux
  • Durée d’action longue (12 à 24h)
  • Per os uniquement
  • DCI : hydrochlorothiazide (Esidrex®), indapamide (Fludex®), ciclétanine (Tenstaten®), xipamide (Lumitens®), …
  • Indications : hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, hypercalciurie, diabète insipide néphrogénique

3- DIURETIQUES DISTAUX

  • Inhibent l’absorption des ions sodium au niveau du tube collecteur du néphron
  • Épargneurs potassiques
  • Non actifs chez les insuffisants rénaux
  • Action maximale après 72h (per os) et 2h (IV)
  • Per os ou IV
  • Diurétiques distaux anti-aldostérones
    • DCI  spironolactone (Aldactone®, Spiroctan®), canrénoate de potassium (Soludactone®), éplérénone (Inspra®), spironolactone + altizide (Aldactazine®), spironolactone+furosémide (Aldalix®)
  • Diurétiques distaux non anti-aldostérones
    • DCI  amiloride+hydrochlorothiazide (Modurédic®), amiloride+furosémide (Logirène®), triamtérène+méthyclothiazide (Isobar®), traimtérène+hydrochlorothiazide (Prestol®)
  • Indications : hypertension artérielle, insuffisance cardiaque

4- DIURETIQUES OSMOTIQUES

  • Effet diurétique par augmentation de la pression osmotique plasmatique au niveau du tube proximal
  • Contre indiqués chez les insuffisants rénaux
  • Action maximale en quelques heures
  • IV
  • DCI  mannitol (Mannitol®)
  • Indications : diminution de la pression intracrânienne, diminution de la pression intraoculaire

5- EFFETS INDESIRABLES

  • Déshydratation
  • Hypokaliémie (diurétiques de l’anse et thiazidiques)
  • Hyponatrémie
  • Hyperuricémie (diurétiques de l’anse et thiazidiques peuvent provoquer des crises de gouttes)
  • Hyperglycémie et perturbation du bilan lipidique (Thiazidiques)
  • Gynécomastie, impuissance, aménorrhée (spironolactone)
  • Ototoxicité (diurétiques de l’anse)
  • Réaction allergique

6- ROLE IDE & SURVEILLANCE

  • Sur prescription médicale : ionogramme sanguin, glycémie, urée, créatinine
  • Surveillance de la pression artérielle et recherche d’hypotension orthostatique
  • Surveillance du poids
  • Surveillance de la diurèse
  • Surveillance des œdèmes
  • Mise en place d’un régime alimentaire hyposodé voir sans sel (sur prescription)
  • Surveillance des effets indésirables  

 

Sources :

http://www.besancon-cardio.org/cours/63-diuretic.php

http://www.pifo.uvsq.fr/hebergement/cec_mv/176.pdf

cours personnels

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L’électrocardiogramme (ECG)

1-DÉFINITION

L’électrocardiogramme plus communément appelé ECG est une représentation de l’activité électrique du myocarde dans un graphique. C’est un examen non invasif, indolore et rapide. Le patient est allongé sur le dos, ne parle pas, ne bouge pas durant l’examen et respire calmement. Il faut placer sur lui des électrodes qui seront reliées par des câbles à l’électrocardiographe.

2-RÉALISATION DE L’EXAMEN

  • Le patient doit être installé confortablement.
  • Son thorax doit être libre et facile d’accès. Attention toutefois au respect de la pudeur et de l’intimité.
  • Si besoin, une dépilation du thorax et/ou des extrémités des membres doit être réalisée avec le matériel présent dans l’unité de soins (tondeuse le plus souvent)
  • Placer vos 10 électrodes comme suit :
        • 1 poignet gauche face interne
        • 1 poignet droit face interne
        • 1  cheville gauche face interne
        • 1 cheville droite face interne
        • 6 sur le thorax

Il est possible de réaliser ce que l’on appelle un ECG 18 dérivations ou postérieur. Il vient en complément de l’ECG 12 dérivations. Il faut donc un miroir des V3 et V4 que l’on nomme respectivement V3R et V4R et continuer en V7 V8 V9.

Consignes pour le patient :

  • Ne bougez pas
  • Ne parlez pas
  • Respirez calmement
  • Détendez vous le plus possible

Consignes pour le professionnel :

  • les pieds du patient ne doivent pas toucher les pieds du lit
  • enlever la montre et les bijoux du patient s’il en a
  • écarter les téléphones portables
  • éloigner tout objet métallique pouvant entrer en contact avec le patient

 

La réalisation d’un ECG dans de bonnes conditions est primordiale. Le moindre parasite peut altérer la lecture et l’interprétation et peut donc influencer la prise en charge du patient. Dans certains cas, il est possible que le médecin demande un ecg avec l’utilisation d’un aimant. Cela se voit pour les patients ayant un dispositif médical implanté (pace maker par exemple).  Pour le pacemaker, ça stimule la pile et accélère le rythme. On est sur qu’il fonctionne.

 

3-ANALYSE DE TRACÉS

Nous n’allons pas vous détailler  l’analyse de tracés de façon pointue. Certains infirmiers (USIC) reçoivent des formations poussées et savent différencier précisément les anomalies. Notre but sera de vous montrer les différences entre un tracé normal et sinusal et les grandes anomalies pouvant être rencontrées durant les prises en charge. 

Le premier tracé représente un tracé sinusal. C’est le rythme dit normal. Il y a toujours la présence d’une onde P.

  • L’intervalle PR est le reflet de la conduction  auriculo-ventriculaire.
  • L’onde P est la dépolarisation des oreillettes
  • Le complexe QRS est la dépolarisation des ventricules :
    • onde Q : première onde négative et pas toujours présente
    • onde R : onde positive du complexe
    • onde S: deuxième onde négative
  • Le segment ST est la dépolarisation uniforme des deux ventricules
  • L’onde T est la repolarisation ventriculaire

a- Les Arythmies Sinusales

Il existe deux types d’arythmies sinusales :

  • les bradycardies sinusales
  • Les tachycardies sinusales

 

b- Les Arythmies Auriculaires

Il existe 3 sortent d’arythmies auriculaires.

  • Les extrasystoles auriculaires ou ESA : onde P absente ou peu visible ou se trouvant dans l’onde T.
  • Flutter auriculaire : pas d’onde P car ne prend pas naissance dans le nœud sinusal. Les impulsions naissent des oreillettes. On parle alors d’onde F.
  • Fibrillation auriculaire : absence d’onde P, présence d’onde f avec trémulation

 

c- Les Blocs Auriculo-ventriculaires ou BAV

Il existe 4 stades de BAV : le BAV1, le BAV 2 type 1, le BAV 2 type 2, le BAV3.

  • Le BAV 1:  Rappel : Le nœud AV sert à faire progresser l’influx des oreillettes aux ventricules. L’intervalle PR est le reflet de la conduction AV. Dans ce cas, le PR se trouve allongé et constant. Le complexe QRS est normal. 
  • Le BAV 2 Type 1 :  le PR s’allonge progressivement jusqu’à une onde P bloquée. Le pronostic reste bon car fréquence cardiaque acceptable.
  • Le BAV 2 Type  2 :  Le PR est constant avec une onde P bloquée. Il est plus dangereux car il entraîne des complications au niveau du faisceau de HIS (pose de pace maker en général). Plus la conduction (PR) est longue et plus la fréquence cardiaque est lente. Ici le QRS est irrégulier.
  • le BAV 3 : Onde P bloquée avec P constants avec PR irréguliers et QRS réguliers. Pas de conduction. P et QRS sont indépendants l’un de l’autre. (pose de pace maker)

 

d- Théorie des ondes P bloquées

Pour rester simple, une onde P bloquée est une onde P dissociée d’un complexe QRS. Celui-ci est soit trop éloigné soit absent.

e- Les Arythmies Ventriculaires

  • Les extrasystoles ventriculaires ou ESV : Trouble de l’excitabilité d’un ventricule, le complexe est prématuré. Attention si ESV nombreuses ou polymorphes ou trop proches de l’onde T. Facilement reconnaissable sur un tracé.
  • Les tachycardies ventriculaires ou TV : on commence à parler de TV après 4 ESV consécutives et une fréquence cardiaque supérieure à 100 bat/min. Elles sont dites soutenues si leur durée est supérieure à 30 secondes. Les TV non soutenues ou paroxystiques sont de courtes durées avec une début et une fin brusque.
  • les torsades de pointe : le QRS est polymorphe (plusieurs formes) et apparaît dans un contexte de bradycardie sinusale avec des ESV tardives.
  • la fibrillation ventriculaire : absence d’onde P, absence de QRS malgré une ressemblance avec une fibrillation auriculaire. La différence sera l’absence de complexe QRS. C’est une cause d’arrêt cardiaque. Son traitement est le choc électrique externe. Regardez bien le tracé, il n’est pas linéaire (asystolie) comme dans les séries.

f- Les Autres Tracés Rencontrés

  • Asystolie il faut effectuer un massage cardiaque externe et le choc électrique n’aura aucun effet.
  • Le Spikeprésence d’une induction électrique mécanique sur le tracé, visible si le patient est porteur d’un pace maker.

 

CONCLUSION

Réaliser un ECG n’est pas un acte compliqué en soit. Cependant il est important de bien le réaliser afin de faciliter l’interprétation. Il est également important de respecter la pudeur et le bien être du patient tout en s’assurant de ne pas se mettre en difficulté.

 

Sources : 

  • http://biolog3000.com
  • http://infirmiers.com
  • http://e-cardiogram.com
  • http://pinterest.com
  • http://fondheart.blogspot.com
  • Cours personnels IFSI

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FICHE MEDICAMENT

Vous n’arrivez pas à retenir un traitement nouveau ?  son indication ? sa classe pharmaceutique ?
Nous vous proposons une fiche de synthèse à remplir pour chaque médicament régulièrement (ou non) rencontré !

 

NOM DU MÉDICAMENT

 

DCI

 

LISTE

 

FAMILLE

 

INDICATION(S)

 

POSOLOGIE MAXIMUM

 

CONTRE-INDICATIONS

 

PRECAUTIONS D’EMPLOI

 

EFFETS INDÉSIRABLES

 

SURVEILLANCE IDE

 

 

NOTES PERSO (Pharmacodynamie, pharmacocinétique,…)

 

 

 

FICHE AU FORMAT PDF 

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Infirmier Anesthésiste Diplômé d’Etat

 

L’anesthésie est une des spécialisations possibles après deux années minimum d’exercice de la profession d’Infirmier.

 

 

1- DEFINITION

L’IADE (Infirmier Anesthésiste Diplômé d’Etat) est un infirmier spécialisé en anesthésie, soins d’urgence intra et extra hospitaliers, réanimation et prise en charge de la douleur.
Il y a en France, 9 500 IADE, dont 70% sont des femmes.

2- REFERENCES LEGISLATIVES

  • Décret n°2004-802 du 29 Juillet 2004 relatif aux parties IV et V du Code de la Santé Publique.
  • Arrêté du 23 Juillet 2012 relatif à la formation conduisant au Diplôme d’IADE.

3- FORMATION

  • Durée de 24 mois
  • Concours d’entrée qui comprend une épreuve écrite permettant d’évaluer les connaissances scientifiques et professionnelles du candidat au sujet du programme de formation du DEI, et une épreuve d’admission orale qui permet de savoir si le candidat est apte à suivre la formation, est capable d’expliquer son projet professionnel en argumentant, est apte à faire un raisonnement clinique et gérer une situation,….
  • Accessible après 2 années d’exercice professionnel d’Infirmier
  • Alternance apports théoriques et stages pratiques
  • Acquisition de 120 Crédits européens correspondant à l’acquisition des 7 compétences du référentiel : 60 pour les Unités d’Enseignement, 60 pour les stages.
Depuis Septembre 2014, le Diplôme d’infirmier Anesthésiste est reconnu GRADE MASTER.
Tableaux formation (sources SNIA) :

4- LIEUX D’EXERCICE

  • Anesthésie / bloc opératoire
  • En Salle de Surveillance Post Interventionnelle (SSPI)
  • En Services d’Urgence Médicale (SMUR, SSSM, SAU)
  • En Service de réanimation
  • Peut intervenir dans les services pour aider à la prise en charge de la douleur,…

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Sources :