Le SAMU (Service d’Aide Médicale d’Urgence) est la régulation médicale d’un centre sanitaire régional. Il est coordonné par un médecin qui répartit les ressources sanitaires (SMUR, demande au CODIS l’intervention des pompiers si besoin, ambulances privées…) en fonction des urgences et des appels, traités par les Assistants de Régulation Médicale. Il oriente également les personnes vers les lieux de prise en charge (urgences, médecin de ville, maison médicale…).

Le SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) est une unité dépendante du SAMU rattachée à un centre hospitalier et se déplaçant au plus près du patient nécessitant une surveillance médicale afin d’optimiser sa prise en charge et ses chances de survie. Les SMUR permettent d’avoir l’hôpital qui se déplace à domicile en situation d’urgence.


Population essentiellement rencontrée

En SMUR, toute la population vivant sur le territoire est potentiellement patient. On prend en charge des patients du jour de leur naissance au jour de leur mort, de toute nationalité, de toute religion. Il y a bien sûr des pathologies prévalentes mais nous l’évoquerons un peu plus loin.


Équipe professionnelle essentiellement rencontrée

  • Médecin régulateur urgentiste
  • Assistant de régulation médicale
  • Médecin généraliste gérant la régulation de la permanence des soins (PDS)
  • Cadre de santé
  • Médecin urgentiste
  • Infirmier(e) Diplômé(e) d’Etat
  • Ambulancier(e) diplômé(e) d’Etat
  • Infirmier(e) Anesthésiste Diplômé(e) d’Etat

Cette liste est non exhaustive. Vous pouvez rencontrer, selon les services et habitudes de service, d’autres professionnels de santé, des agents des services techniques…


Soins essentiellement rencontrés

  • Mesure des paramètres vitaux en continu (moniteur de surveillance)
  • Electrocardiogramme
  • Pose et surveillance de voie veineuse périphérique
  • Intubation orotrachéale en séquence rapide
  • Oxygénothérapie / Ventilation non invasive
  • Massage cardiaque externe
  • Exsufflation pleurale
  • Aide à la pose de voie veineuse centrale
  • Sondage urinaire
  • Pansement compressifs
  • Hémoglobine capillaire
  • Aide à la pose de cathéter intra-osseux (KTIO)
  • Réduction de fracture, luxation
  • Préparation des médicaments de l’urgence
  • Aérosolthérapie

Cette liste est non exhaustive et regroupe les principaux soins rencontrés.


Traitements essentiellement rencontrés

  • Antalgiques de pallier I, II et III.
  • Amines
  • Médicaments dérives du sang
  • Bêtabloquants
  • Anticonvulsivants
  • Médicaments de réanimation (Adrénaline, Amiodarone, Atropine…)

Cette liste est non exhaustive et regroupe les principaux traitements rencontrés


Pathologies essentiellement rencontrées

  • Infarctus du myocarde
  • Arrêt cardio-respiratoire
  • Tentative d’autolyse
  • Accident de la voie publique
  • Accouchement
  • Fausse route
  • Polytraumatisé
  • Prise en charge de la douleur
  • Fractures et luxations
  • Choc anaphylactique
  • Choc septique
  • Choc hémorragique
  • Choc hypovolémique
  • Douleur thoracique
  • AVC
  • Malaise
  • Crise convulsive
  • OAP

Cette liste est non exhaustive et regroupe les principales pathologies rencontrées.


Prérequis

  • Être en stage en SMUR c’est toujours un moment valorisant. L’habit est lumineux, reconnaissable. Cependant il faut en être digne et le respecter.
  • Lors de chaque intervention une personne peut vous photographier ou filmer à votre insu. Que vous soyez étudiant ou diplômé, peu de différences aux yeux des usagers. Si quelque chose tourne mal, l’affaire sera généralisée à toute l’équipe.
  • Cela peut aussi se montrer dangereux : prise en charge sur la voie publique, en situation de violence, etc.
  • Une chose qui sera attendue n’est pas la capacité à perfuser, c’est surtout la capacité à gérer son stress. La technique viendra après. Il vous faudra développer votre œil clinique, observer vite avant d’agir efficacement, repérer les signes de gravité.
  • Posez des questions, évoquez les interventions compliquées ou douloureuses psychologiquement à posteriori. Certaines peuvent être traumatisantes.
  • Il vous faudra des connaissances en gestes de secours, en anatomie et physiologie, hygiène et sécurité, calculs de dose, médicaments de l’urgence

Dans tous les cas, l’ensemble de ces notions seront présentes tout au long de votre stage. Ces quelques conseils vous permettront seulement d’être un peu plus à l’aise lors du début de votre stage. N’hésitez pas à interpeller les professionnels de santé s’il y a des choses que vous ne comprenez pas ; mais essayez également de rechercher par vos propres moyens à l’aide des différents outils (ou ressources) à votre disposition dans le service. Nous vous souhaitons un très bon stage.

INTUBATION EN SÉQUENCE RAPIDE CHEZ UN PATIENT ADULTE PRÉPARÉ

1-DÉFINITIONS ET PRINCIPE

Sonde Endotrachéale

  • Intubation : geste technique médical servant à mettre en place une sonde endotrachéale en passant par la bouche ou le nez (pour le nez, la pratique se fait rare). Les IADE ont aussi l’autorisation de pratiquer ce geste. Le risque à chaque intubation est un risque d’inhalation du   contenu de l’estomac :
    • en chirurgie réglée : période de jeun préopératoire
    • en urgence : tout patient est considéré comme ayant l’estomac plein
  • Induction : phase de l’anesthésie, endormissement chimique provoqué ; En séquence rapide cela peut donner :
    • utilisation d’un hypnotique  de délai d’action court
    • un curare de délai d’action court et d’une durée d’action courte pour que le patient reprenne une ventilation spontanée en cas d’échec de l’intubation
    • un pression cricoïdienne (manoeuvre de Sellick) pour éviter les régurgitations
  • Hypnotique : thérapeutique entraînant un trouble de la conscience, utilisée entre autre en anesthésie.
  • Curare : thérapeutique entraînant une paralysie musculaire.

2-INDUCTION EN SÉQUENCE RAPIDE

Il y a 5 grandes phases à prendre en compte :

  • préparation du patient
  • préparation du matériel
  • préparation des médicaments
  • préparation de l’équipe
  • anticipation des difficultés

a-Préparer le patient

  • le patient est-il pré-oxygéné ? Le but est d’augmenter la tolérance à l’apnée du patient en stockant de l’oxygène dans la capacité résiduelle fonctionnelle. (ex : oxygène pur au MHC (lien vers le cours sur l’oxygénothérapie) durant 3 minutes, installation en proclive pour les personnes obèses, Ventilation Non Invasive…)
  • La position est-elle optimale : confort du patient et des soignants
  • Quelles sont les thérapeutiques d’entretien de l’intubation ?

    laryngoscope avec lame

b-Préparer le matériel

  • Le patient est-il scopé ?
  • Avons nous une pression artérielle non invasive ?
  • Avons nous un capnographe ? Cela permet de vérifier si la sonde est bien dans la trachée.
  • Le chariot d’urgence est-il à proximité ? Le BAVU est-il prêt ? fonctionnel ?
  • L’aspiration est-elle à porter de main et fonctionnelle ? Prévoir des sondes d’aspiration en fonction de la sonde d’intubation (intubation 7 = aspiration 14)
  • Un manche à laryngoscope avec des piles et des lames : toujours vérifier la lampe en montant la lame. Avoir des piles de rechanges à proximité
  • Des lames : la taille demandée par le médecin et une de la taille en dessous. On privilégie souvent la taille 4 en première intention
  • Trois tailles de sonde d’intubation ( 8 – 7.5 – 7)
  • Des canules de Guedel (ou Canule Oro-pharyngée)
  • Une pince de Magill 

    Pince de Magill

  • Un mandrin rigide
  • Un stéthoscope
  • Un dispositif de fixation
  • Une seringue de 20 ml pour gonfler le ballonnet
  • Une bougie de Eschmann en cas d’intubation difficile

c-Préparer les médicaments

  • Induction
    • un hypnotique (Etomidate ou Kétamine)
    • un curare (La succinylcholine)

  • Entretien
    • un hypnotique (midazolam)
    • un morphinique (sufentanyl)

  • Cardiovasculaires
    • Vasopresseurs (adrénaline, épinéphrine, noradrénaline)
    • Anticholinergique (atropine)

Ceux-ci sont des exemples couramment utilisés. Suivant votre lieu d’exercice vous pouvez être amené à en utiliser d’autres. Nous ne vous donnerons pas toutes les dilutions car elles peuvent être protocolisées selon des établissements de santé. Les dilutions sont données à titre d’exemples.

d-Préparer les soignants

Dans l’idéal, il faudrait être trois personnes : un opérateur, deux infirmiers. Attention en SMUR la prise en charge se réalisera en fonction de la composition de l’équipe.

Nous allons nous placer dans des conditions idéales.

  • rôle de l’opérateur :
    • intubation
    • vérification de la position
    • prescription
  • premier infirmier :
    • préparation du patient
    • préoxygénation
    • préparation des médicaments
    • injection des médicaments
  • second infirmier :
    • préparation du matériel
    • manoeuvre de sellick ou pression cricoïde à la demande du médecin
    • gonflage du ballonnet
    • fixation de la sonde
    • pose de la sonde naso gastrique

e- Anticiper les difficultés 

Disposer de thérapeutiques comme la Naloxone ou le Flumazenil. Ce sont des antidotes des opioïdes pour le premier et des benzodiazépines pour le second.

3- EXEMPLES

Voici deux exemples de déroulement d’intubation en séquence rapide.

a-Déroulement type : etomidate / succinylcholine (célocurine)

  • oxygénation du patient sous 15L/min  = durant 3 minutes
  • injection Etomidate 0.3 mg/kg = appelée T0
  • injection Célocurine 1 mg/kg = appelée T0
  • perte de conscience du patient dans les 30 secondes
  • fasciculations (crispations musculaires brèves partant des pieds vers la tête) jusqu’à T 60 sec
  • laryngoscopie à T 60 sec
  • intubation
  • Gonfler le ballonnet
  • vérification de la position de la sonde
  • fixation de la sonde
  • début de l’entretien médicamenteux
  • sonde nasogastrique

 

b-Déroulement type : kétamine / succinylcholine (célocurine)

  • oxygénation du patient sous 15 L/min = durant 3 minutes
  • injection 0.6 mg d’atropine = appelée T0
  • injection 1 mg de midazolam = T0
  • injection kétamine 1-2 mg/ kg = T0
  • injection célocurine 1 mg/kg = T 30 sec
  • laryngoscopie à T 90 sec
  • intubation
  • gonfler le ballonnet
  • vérification de la position de la sonde
  • fixation de la sonde
  • début de l’entretien médicamenteux
  • sonde nasogastrique

 

 

Sources :

  • Cours personnels

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Infirmier Anesthésiste Diplômé d’Etat

 

L’anesthésie est une des spécialisations possibles après deux années minimum d’exercice de la profession d’Infirmier.

 

 

1- DEFINITION

L’IADE (Infirmier Anesthésiste Diplômé d’Etat) est un infirmier spécialisé en anesthésie, soins d’urgence intra et extra hospitaliers, réanimation et prise en charge de la douleur.
Il y a en France, 9 500 IADE, dont 70% sont des femmes.

2- REFERENCES LEGISLATIVES

  • Décret n°2004-802 du 29 Juillet 2004 relatif aux parties IV et V du Code de la Santé Publique.
  • Arrêté du 23 Juillet 2012 relatif à la formation conduisant au Diplôme d’IADE.

3- FORMATION

  • Durée de 24 mois
  • Concours d’entrée qui comprend une épreuve écrite permettant d’évaluer les connaissances scientifiques et professionnelles du candidat au sujet du programme de formation du DEI, et une épreuve d’admission orale qui permet de savoir si le candidat est apte à suivre la formation, est capable d’expliquer son projet professionnel en argumentant, est apte à faire un raisonnement clinique et gérer une situation,….
  • Accessible après 2 années d’exercice professionnel d’Infirmier
  • Alternance apports théoriques et stages pratiques
  • Acquisition de 120 Crédits européens correspondant à l’acquisition des 7 compétences du référentiel : 60 pour les Unités d’Enseignement, 60 pour les stages.
Depuis Septembre 2014, le Diplôme d’infirmier Anesthésiste est reconnu GRADE MASTER.
Tableaux formation (sources SNIA) :

4- LIEUX D’EXERCICE

  • Anesthésie / bloc opératoire
  • En Salle de Surveillance Post Interventionnelle (SSPI)
  • En Services d’Urgence Médicale (SMUR, SSSM, SAU)
  • En Service de réanimation
  • Peut intervenir dans les services pour aider à la prise en charge de la douleur,…

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Sources :