L’électrocardiogramme (ECG)

1-DÉFINITION

L’électrocardiogramme plus communément appelé ECG est une représentation de l’activité électrique du myocarde dans un graphique. C’est un examen non invasif, indolore et rapide. Le patient est allongé sur le dos, ne parle pas, ne bouge pas durant l’examen et respire calmement. Il faut placer sur lui des électrodes qui seront reliées par des câbles à l’électrocardiographe.

2-RÉALISATION DE L’EXAMEN

  • Le patient doit être installé confortablement.
  • Son thorax doit être libre et facile d’accès. Attention toutefois au respect de la pudeur et de l’intimité.
  • Si besoin, une dépilation du thorax et/ou des extrémités des membres doit être réalisée avec le matériel présent dans l’unité de soins (tondeuse le plus souvent)
  • Placer vos 10 électrodes comme suit :
        • 1 poignet gauche face interne
        • 1 poignet droit face interne
        • 1  cheville gauche face interne
        • 1 cheville droite face interne
        • 6 sur le thorax

Il est possible de réaliser ce que l’on appelle un ECG 18 dérivations ou postérieur. Il vient en complément de l’ECG 12 dérivations. Il faut donc un miroir des V3 et V4 que l’on nomme respectivement V3R et V4R et continuer en V7 V8 V9.

Consignes pour le patient :

  • Ne bougez pas
  • Ne parlez pas
  • Respirez calmement
  • Détendez vous le plus possible

Consignes pour le professionnel :

  • les pieds du patient ne doivent pas toucher les pieds du lit
  • enlever la montre et les bijoux du patient s’il en a
  • écarter les téléphones portables
  • éloigner tout objet métallique pouvant entrer en contact avec le patient

 

La réalisation d’un ECG dans de bonnes conditions est primordiale. Le moindre parasite peut altérer la lecture et l’interprétation et peut donc influencer la prise en charge du patient. Dans certains cas, il est possible que le médecin demande un ecg avec l’utilisation d’un aimant. Cela se voit pour les patients ayant un dispositif médical implanté (pace maker par exemple).  Pour le pacemaker, ça stimule la pile et accélère le rythme. On est sur qu’il fonctionne.

 

3-ANALYSE DE TRACÉS

Nous n’allons pas vous détailler  l’analyse de tracés de façon pointue. Certains infirmiers (USIC) reçoivent des formations poussées et savent différencier précisément les anomalies. Notre but sera de vous montrer les différences entre un tracé normal et sinusal et les grandes anomalies pouvant être rencontrées durant les prises en charge. 

Le premier tracé représente un tracé sinusal. C’est le rythme dit normal. Il y a toujours la présence d’une onde P.

  • L’intervalle PR est le reflet de la conduction  auriculo-ventriculaire.
  • L’onde P est la dépolarisation des oreillettes
  • Le complexe QRS est la dépolarisation des ventricules :
    • onde Q : première onde négative et pas toujours présente
    • onde R : onde positive du complexe
    • onde S: deuxième onde négative
  • Le segment ST est la dépolarisation uniforme des deux ventricules
  • L’onde T est la repolarisation ventriculaire

a- Les Arythmies Sinusales

Il existe deux types d’arythmies sinusales :

  • les bradycardies sinusales
  • Les tachycardies sinusales

 

b- Les Arythmies Auriculaires

Il existe 3 sortent d’arythmies auriculaires.

  • Les extrasystoles auriculaires ou ESA : onde P absente ou peu visible ou se trouvant dans l’onde T.
  • Flutter auriculaire : pas d’onde P car ne prend pas naissance dans le nœud sinusal. Les impulsions naissent des oreillettes. On parle alors d’onde F.
  • Fibrillation auriculaire : absence d’onde P, présence d’onde f avec trémulation

 

c- Les Blocs Auriculo-ventriculaires ou BAV

Il existe 4 stades de BAV : le BAV1, le BAV 2 type 1, le BAV 2 type 2, le BAV3.

  • Le BAV 1:  Rappel : Le nœud AV sert à faire progresser l’influx des oreillettes aux ventricules. L’intervalle PR est le reflet de la conduction AV. Dans ce cas, le PR se trouve allongé et constant. Le complexe QRS est normal. 
  • Le BAV 2 Type 1 :  le PR s’allonge progressivement jusqu’à une onde P bloquée. Le pronostic reste bon car fréquence cardiaque acceptable.
  • Le BAV 2 Type  2 :  Le PR est constant avec une onde P bloquée. Il est plus dangereux car il entraîne des complications au niveau du faisceau de HIS (pose de pace maker en général). Plus la conduction (PR) est longue et plus la fréquence cardiaque est lente. Ici le QRS est irrégulier.
  • le BAV 3 : Onde P bloquée avec P constants avec PR irréguliers et QRS réguliers. Pas de conduction. P et QRS sont indépendants l’un de l’autre. (pose de pace maker)

 

d- Théorie des ondes P bloquées

Pour rester simple, une onde P bloquée est une onde P dissociée d’un complexe QRS. Celui-ci est soit trop éloigné soit absent.

e- Les Arythmies Ventriculaires

  • Les extrasystoles ventriculaires ou ESV : Trouble de l’excitabilité d’un ventricule, le complexe est prématuré. Attention si ESV nombreuses ou polymorphes ou trop proches de l’onde T. Facilement reconnaissable sur un tracé.
  • Les tachycardies ventriculaires ou TV : on commence à parler de TV après 4 ESV consécutives et une fréquence cardiaque supérieure à 100 bat/min. Elles sont dites soutenues si leur durée est supérieure à 30 secondes. Les TV non soutenues ou paroxystiques sont de courtes durées avec une début et une fin brusque.
  • les torsades de pointe : le QRS est polymorphe (plusieurs formes) et apparaît dans un contexte de bradycardie sinusale avec des ESV tardives.
  • la fibrillation ventriculaire : absence d’onde P, absence de QRS malgré une ressemblance avec une fibrillation auriculaire. La différence sera l’absence de complexe QRS. C’est une cause d’arrêt cardiaque. Son traitement est le choc électrique externe. Regardez bien le tracé, il n’est pas linéaire (asystolie) comme dans les séries.

f- Les Autres Tracés Rencontrés

  • Asystolie il faut effectuer un massage cardiaque externe et le choc électrique n’aura aucun effet.
  • Le Spikeprésence d’une induction électrique mécanique sur le tracé, visible si le patient est porteur d’un pace maker.

 

CONCLUSION

Réaliser un ECG n’est pas un acte compliqué en soit. Cependant il est important de bien le réaliser afin de faciliter l’interprétation. Il est également important de respecter la pudeur et le bien être du patient tout en s’assurant de ne pas se mettre en difficulté.

 

Sources : 

  • http://biolog3000.com
  • http://infirmiers.com
  • http://e-cardiogram.com
  • http://pinterest.com
  • http://fondheart.blogspot.com
  • Cours personnels IFSI

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Le Prélèvement Artériel

1- LES GAZ DU SANG

a- Définition

La gazométrie artérielle permet la mesure de l’acidité, du niveau de dioxygène et de dioxyde de carbone dans le sang. Cet examen permet d’évaluer les échanges gazeux (pulmonaires) et de détecter une concentration gazeuse anormale du sang artériel allant vers les tissus.

b- Composition

Lors de cet examen, cinq paramètres sont mesurés :

  • Le pH qui indique l’équilibre acido-basique du sang en mesurant la concentration d’ion hydrogène (H+).
  • La PaO2 ou pression partielle en dioxygène qui reflète la quantité d’O2 transportée par le sang jusqu’aux organes.
  • La PaCO2 ou pression partielle en dioxyde de carbone qui reflète la quantité résiduelle de CO2 dans le sang artériel après élimination de l’excès de celui-ci au niveau pulmonaire.
  • Les bicarbonates (HCO3-) qui participent à maintenir l’équilibre acido-basique sont excrétés et réabsorbés par les reins en réponse à un déséquilibre du pH. Le pH et les bicarbonates sont directement liés.
  • La SaO2 ou saturation en oxygène qui permet d’évaluer la quantité d’O2 fixée sur l’hémoglobine. Cet O2 transporté va permettre de nourrir les cellules de l’organisme.

c- Pourquoi ce prélèvement ?

Le médecin prescrit une analyse des gaz du sang :

  • Suite à des difficultés respiratoires : hypoventilation, hyperventilation, essoufflement, tirage intercostal, asthme…
  • pour surveiller le bon fonctionnement d’un traitement sur une affection pulmonaire (BPCO, insuffisance respiratoire,…)
  • pour surveiller l’efficacité de l’oxygénothérapie
  • en cas d’altération de l’état de conscience
  •  pour mesurer l’équilibre acido-basique d’un patient présentant une insuffisance cardiaque, rénale, une infection…

La gazométrie artérielle permet une approche de la physiologie respiratoire du patient.

d- Normes

  • pH : 7,35 – 7,45
  • PaO2 : 73 – 100 mmHg, valeur tenant compte de l’âge du patient
  • PaCO2 : 35 – 45 mmHg

Attention : la PaO2 et la PaCO2 subissent l’influence de la température du patient et celle de la pression atmosphérique (altitude).

  • HCO3- : 22 – 28 mmol/l
  • SaO2 : 95 – 100 %

Si le patient est oxygéné la quantité d’oxygène sera prise en compte pour interpréter les résultats d’analyse.

2- LE PRELEVEMENT

Le prélèvement artériel se réalise dans la majorité des cas sur l’artère radiale (intérieur du poignet) mais il est aussi possible de prélever en huméral (artère brachiale au pli du coude) ou en fémoral (pli de l’aine) si le test d’Allen est négatif.

Il est important que le patient respire normalement pendant toute la durée du prélèvement.

a- En l’absence de catheter artériel

Le prélèvement artériel se réalise dans la majorité des cas sur l’artère radiale (intérieur du poignet) mais il est aussi possible de prélever en huméral (artère brachiale au pli du coude) ou en fémoral (pli de l’aine) si le test d’Allen est négatif.

Il est important que le patient respire normalement pendant toute la durée du prélèvement.

Matériel nécessaire :

  • Solution hydro-alcoolique
  • Gants non stériles
  • Antiseptique selon protocole du service
  • Compresses stériles
  • Seringue spécifique pour prélèvement des gaz du sang (avec héparine lyophilisée)
  • Sparadrap ou bandage compressif (type strapping)
  • Container OPCT
  • Sac poubelle DAOM et DASRI
  • Etiquettes du patient
  • Sachet de transport du laboratoire avec glace (glace dans un autre sachet : pas de contact direct entre la glace et la seringue) si non mesuré dans le service.

Le soin :

  • Vérifier l’identité du patient, la correspondance avec celle des étiquettes et la prescription
  • Expliquer le soin au patient et ses conditions de réalisation
  • Vérifier les contre-indications éventuelles (troubles de l’hémostase, athérome, tatouage, lésion au point de ponction, allergie, test d’Allen négatif)
  • Choisir le lieu de ponction et y réaliser le test d’Allen ; s’il est positif le soin commence, s’il est négatif tester l’autre bras.
  • Mettre en place au préalable un dispositif d’analgésie cutanée (patch, crème) et respecter le temps de pose
  • Inscrire les conditions de prélèvement sur le document du laboratoire et sur le dossier patient (apport d’O2, température du patient)
  • Se laver les mains
  • Vérifier les dates de péremption et l’intégrité des emballages
  • Installer le patient dans une position confortable
  • S’installer dans une position adaptée au prélèvement (assis si possible et à hauteur du bras du patient)
  • Friction des mains
  • Installer le poignet en hyper-extension et le stabiliser
  • Mettre les gants non stériles
  • Réaliser l’antisepsie locale avec l’antiseptique et les compresses stériles et respecter le temps de contact
  • Prendre le pouls radial avec la pulpe de deux doigts à environ 3cm du creux du poignet
  • Prendre la seringue comme un stylo et positionner le piston de la seringue au repère 3mL
  • Introduire l’aiguille biseau vers le haut dans l’axe de l’artère radiale selon un angle de 30 à 45° avec l’avant-bras
  • Stopper la progression lorsque le retour sanguin saccadé se fait dans la seringue (le sang artériel est rouge vif et pulsé).
  • Retirer la seringue une fois remplie en respectant l’axe de l’aiguille
  • Réaliser un point de compression à l’aide d’une compresse sèche sur la zone en appuyant fermement pendant 5 min (10 à 15 min si le patient est anti-coagulé).
  • Vidanger précautionneusement toute bulle d’air résiduelle dans la seringue et la fermer hermétiquement avec le bouchon fourni.
  • Réaliser un pansement compressif NON CIRCULAIRE sur la zone pendant une à deux heures
  • Informer le patient : signalement de toute douleur ou paresthésie survenant après le soin
  • Acheminer rapidement la seringue jusqu’à l’appareil de prélèvement dans la glace.
  • Jeter les déchets puis les sacs DAOM et DASRI
  • Tracer dans le dossier patient : date, heure de prélèvement, identité du soignant, remarques éventuelles

b- En présence d’un cathéter artériel

Le cathéter artériel est un dispositif permettant un accès artériel continu afin de mesurer la pression artérielle de manière invasive et de réaliser des prélèvements de sang artériel fréquents.

Matériel nécessaire :

(Nous partons du principe que le cathéter artériel est déjà en place avec une manchette à pression, un pied à perfusion, un transducteur, un perfuseur reliant la partie mécanique du transducteur à la poche de sérum physiologique, une tubulure avec robinet 3 voies reliant la partie mécanique au cathéter, un scope muni d’une commande de mesure de la pression artérielle invasive)

  • Solution hydroalcoolique
  • Gants non stériles
  • Antiseptique selon protocole du service
  • Compresses stériles
  • Champ imperméable
  • Adaptateur pour corps de pompe
  • Corps de pompe à usage unique
  • Tubes de prélèvement et/ou seringue à gazométrie
  • Seringue de 10mL
  • Bouchon stérile
  • Container OPCT
  • Sac poubelle DAOM et DASRI
  • Etiquettes du patient
  • Sachet de transport du laboratoire avec glace (dans un autre sachet : pas de contact direct entre la glace et la seringue) si non mesuré dans le service

Le soin :

  • Vérifier l’identité du patient, la correspondance avec celle des étiquettes et la prescription
  • Informer le patient des modalités du soin
  • Lavage des mains
  • Vérifier les dates de péremption et l’intégrité des emballages
  • Vérifier la quantité de sérum physiologique dans la poche installée dans la manchette de pression
  • Gonfler la manchette à 300mmHg (ceci permet d’éviter un reflux de sang artériel dans la tubulure)
  • Mettre en place le champ imperméable sous la zone de prélèvement
  • Installer le matériel, assembler le système de prélèvement
  • Imbiber les compresses stériles d’antiseptiques
  • Réaliser une friction avec la solution hydro-alcoolique
  • Mettre les gants à usage unique
  • Prendre les compresses imbibées pour fermer la voie transducteur patient à l’aide du robinet
  • Ouvrir le bouchon du robinet 3 voies avec une compresse imbibée
  • Purger au minimum 5mL avec une seringue
  • Adapter le corps de pompe au robinet
  • Prélever les tubes dans l’ordre recommandé
  • Refermer ensuite la voie patient et ouvrir la voie transducteur-robinet
  • Retirer et jeter le corps de pompe dans le collecteur OPCT 
  • (Suivant l’état hémodynamique du patient il est parfois demandé de réinjecter le sang présent dans la seringue de purge)
  • Purger le sang à l’aide du transducteur pour ne pas qu’il coagule dans le robinet 3 voies
  • Refermer à l’aide d’un bouchon stérile manipulé avec des compresses imbibées
  • Ouvrir la voie transducteur patient à l’aide du robinet
  • Purger la voie quelques secondes
  • Réinstaller le patient
  • Dégonfler la manchette jusqu’à la valeur de référence
  • Recalibrer le scope (faire le zéro)
  • Etiqueter les tubes et remplir le bon d’analyse
  • Acheminer rapidement les tubes jusqu’à l’appareil de prélèvement dans la glace.
  • Jeter les sacs DAOM et DASRI
  • Tracer dans le dossier patient : date, heure de prélèvement, identité du soignant, remarques éventuelles

 

3- RESULTATS ET SIGNES CLINIQUES

Bien que les gaz du sang n’indiquent pas au médecin la cause directe du déséquilibre, ils vont orienter soit vers un problème respiratoire, soit vers un problème métabolique. Non traitées, ces pathologies créent un déséquilibre qui pourrait à terme mettre en danger le patient.

Selon le résultat du gaz du sang, vous pouvez être amené à observer différents signes cliniques. Nous allons vous donner des exemples :

  • L’hypoxémie : diminution de la PaO2 < 60 mmHg avec SaO2 < 90 % avec pour signes cliniques : la cyanose, la tachycardie, l’hypertension artérielle, l’angoisse…
  • L’acidose respiratoire : présence d’hypercapnie : PaCO2 > 45 mmHg : plusieurs stades
    • non compensée : bicarbonates normaux, pH acide ( < 7.35)
    • en partie compensée : bicarbonates en hausse , pH acide (< 7.35)
    • compensée : bicarbonates augmentés, pH basique (>7.45)

On la retrouve dans les Œdèmes Aigus Pulmonaires (OAP), traumatisme thoracique, épanchement pleural, insuffisance respiratoire, bronchite chronique obstructive…

  • L’acidose métabolique : elle se reconnait par une diminution des bicarbonates et une hyperventilation compensatoire entraînant une diminution de la PaCO2. On la retrouve suite à des diarrhées profuses (élimination de bicarbonates), pathologies rénales, acidocétose diabétique…
  • L’alcalose respiratoire : présence d’hypocapnie : PaCO2 < 35 mmHg compensée par une diminution des bicarbonates (rôle de la réabsorption rénale). Les pathologies pouvant y être associées sont l’intoxication médicamenteuse (aspirine), l’hyperventilation sur un sepsis ou par hypoxie (en altitude par exemple).

  • L’alcalose métabolique : présence d’une forte concentration de bicarbonates compensée par une hypoventilation : augmentation PaCO2 souvent associée à de forts vomissements entre autres… Une acidose ou une alcalose  peuvent être associées, on parle alors d’acidose et alcalose mixte (respiratoire et métabolique associée).

 

Sources :

www.espacesoignant.com

www.passeportsante.net

http://pneumocourlancy.fr/page_gaz_du_sang.html

www.infirmiers.com

http://www.labtestsonline.fr/tests/BloodGases.html?mode=print

https://fr.slideshare.net/salahabdessemed1/gaz-du-sang-artriel

https://fr.depositphotos.com/30617747/stock-photo-arterial-puncture.html

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L’ASPIRATION TRACHEALE


1- DEFINITION

L’aspiration trachéale consiste à l’introduction d’une sonde dans l’arbre bronchique dans le but de libérer les voies respiratoires. Cette aspiration peut être faite afin de retirer les sécrétions des muqueuses respiratoires, pouvant former un bouchon muqueux, ou d’éventuelles sécrétions digestives, découlant de vomissements et pouvant conduire à une pneumopathie d’inhalation chez les patients à risque.

Il existe différents types d’aspirations : l’aspiration naso-trachéale ou rhino-pharyngée, l’aspiration buccale ou l’aspiration endo-trachéale ou trachéo-bronchique.

2- LEGISLATION

Selon le Code de la Santé Publique, l’infirmier peut, dans le cadre de son rôle propre, dispenser les soins suivants : « aspirations des sécrétions d’un patient qu’il soit ou non intubé ou trachéotomisé », et il peut, dans le cadre d’une prescription médicale « effectuer les soins et surveillance d’un patient intubé et trachéotomisé, le premier changement de canule de trachéotomie étant effectué par un médecin »

3- RAPPELS ANATOMIQUES

Lorsque la perméabilité des voies respiratoires ne peut plus être assurée par la bouche et le nez, il peut y avoir nécessité de réaliser une intervention chirurgicale appelée la trachéotomie. Cette dernière consiste à la création d’un orifice au niveau de la trachée, couramment appelé trachéostomie. La trachéotomie est une intervention provisoire, alors que la trachéostomie est définitive.

L’orifice de trachéotomie ou trachéostomie, va quant à lui recevoir une canule. Il existe différents types de canules de longueurs et de tailles différentes : elles peuvent être souples ou rigides, avec ou sans chemise interne (la chemise interne permettant un nettoyage pluri-quotidien de façon plus aisée), fenêtrées ou non (permettant alors au patient de pouvoir s’exprimer), avec ou sans ballonnet (le ballonnet diminuant le risque de fausse route du patient).

4- LE MATERIEL

La tenue : tenue professionnelle, masque de protection, gants à usage unique non stériles, lunettes de protection (plus ou moins disponibles en fonction des services)

L’environnement :

  • manomètre de vide
  • bocal d’aspiration
  • set avec poche d’aspiration + tubulure + stop vide
  • sac DASRI
  • tuyau d’aspiration d’Argyle afin de relier le manomètre de vide avec le bocal d’aspiration
  • bouteille d’eau stérile avec bouchon de décontamination du circuit (le nom commercial utilisé est souvent Clean Vac)

Concernant le soin en lui-même :

  • sonde d’aspiration : il existe différentes tailles que l’on appelle charrières qui vont de la charrière 4 pour les enfants, à la charrière 18, voire 20 pour les adultes. Nous privilégions cependant les charrières 14 à 18 pour les adultes. Les sondes sont longues d’environ 40cm et sont assez souples, il existe cependant des sondes d’aspiration buccales, qui sont en plastique rigide
  • compresses stériles
  • solution hydroalcoolique
  • lubrifiant

5- DEROULEMENT DU SOIN

  • informer le patient du soin effectué, le faire au moins 30min après le repas ou à jeun afin d’éviter les risques de vomissements et d’inhalation
  • mettre la présence dans la chambre du patient
  • installer le patient en position demi assise et lui demander de pencher la tête légèrement vers l’avant
  • s’assurer que le système d’aspiration est monté et relié correctement à la prise de vide, le tester avant d’effectuer le soin (s’assurer que la prise de vide est à -200mmHg)
  • mettre son masque, effectuer une friction des mains à la solution hydro-alcoolique
  • mettre ses gants non stériles
  • ouvrir l’emballage des sondes d’aspiration, prendre des compresses stériles et attraper la sonde à l’aide des compresses
  • lubrifier le bout de la sonde d’aspiration et l’introduire délicatement dans une narine, dans l’orifice de trachéotomie ou dans la bouche à l’aide d’une canule oropharyngée de type canule de Guedel.
  • descendre la sonde d’aspiration jusqu’au deux tiers mais ne pas aspirer lors de la descente de la sonde, aspirer en appuyant sur la pince stop vide uniquement lors de son retrait et ne jamais faire de va et vient.
  • jeter la sonde dans un sac DASRI une fois le soin effectué, une sonde = une aspiration
  • rincer le système d’aspiration à l’aide d’eau stérile et ranger l’environnement du patient
  • effectuer une surveillance clinique du patient lors du soin : coloration des téguments, faciès, surveillance avec saturomètre, fréquence respiratoire et pulsations du patient
  • tracer le soin par écrit dans le dossier du patient : aspect des sécrétions, quantité

6- COMPLICATIONS

Il existe différentes complications pouvant survenir lors de la réalisation de ce soin :

  • apparition d’un traumatisme (épistaxis, escarre)
  • enroulement de la sonde dans le carrefour aéro-digestif
  • agitation du patient lié au stress du soin
  • désaturation en oxygène avec risque de spasme respiratoire
  • risque infectieux si les conditions d’asepsie ne sont pas correctement respectées
  • arrêt cardiaque

 

 

Sources :

Cours de l’IFSI Lionnois

http://www.santeprendrelatete.com/pneumologie-infirmier.html

https://www.infirmiers.com/etudiants-en-ifsi/cours/cours-pneumologie-laspiration-bronchique.html

https://www.idecollection.com/recherche?controller=search&orderby=position&orderway=desc&search_query=sondes+aspiration&submit_search=

http://www.hug-ge.ch/procedures-de-soins/aspiration-gastrique

https://www.service-medical-express.fr/materiel-medical-sonde-canule/2603-sonde-tracheale-d-aspiration-en-pvc-sterile-oeil-lateral.html

http://recap-ide.blogspot.fr/2014/11/laspiration-tracheo-bronchique.html

https://fr.dreamstime.com/photographie-stock-libre-de-droits-trachéotomie-image29085467

Code de la Santé Publique

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EXAMEN CYTOBACTERIOLOGIQUE DES URINES (ECBU)

1- DEFINITION

L’ECBU ou examen cytobactériologique des urines est un acte sur prescription médicale qui permet d’identifier la présence ou non de germes dans les urines. Pour optimiser le traitement de ces germes, un antibiogramme peut découler de l’ECBU afin de trouver le traitement le plus adapté aux germes du patient.

C’est l’un des examens les plus demandés en analyse microbiologique.

2- CONTEXTE DE REALISATION

Un ECBU est réalisé dans la majorité des cas en présence de signes cliniques d’affection urinaire, avec hyperthermie associée : pollakiurie, dysurie, hématurie, incontinence, douleurs lombaires, cystites récidivantes,…

Mais, un ECBU peut également être prescrit dans les cas suivants :

  • en cas de signes infectieux sans porte d’entrée
  • chez une personne âgée présentant une altération de l’état général
  • d’une bandelette urinaire positive (aux leucocytes ou nitrites)
  • Systématiquement chez le nourrisson de moins d’un mois avec fièvre, même en cas de BU négative.
  • pour rechercher une protéinurie
  • chez un patient diabétique, une femme enceinte pour un suivi régulier
  • en pré ou post-opératoire (affection urologique ou gynécologique)
  • pour contrôler l’efficacité d’un traitement
  • en cas d’épidémie

3- RECOMMANDATIONS

  • Examen à réaliser de préférence le matin et avant la mise sous antibiothérapie. En effet, le matin les urines sont concentrées (la dilution diminue de façon artificielle le nombre de germes) et les bactéries ont eu le temps de se coloniser pendant la nuit.
  • Une bandelette urinaire correctement effectuée a un bon pouvoir prédictif de dépistage des infections urinaires
  • Attention à la simplicité de réalisation apparente de l’ECBU, un respect rigoureux des règles d’asepsie est nécessaire pour que le prélèvement soit utilisable (contamination vaginale fréquente chez la femme).

4- REALISATION DU PRELEVEMENT

  • Vérification de l’identité du patient et recueil des informations cliniques sur la fiche annexe : elle comprend les modalités et heure du recueil, les signes cliniques, les caractéristiques du sujet (personne âgée, femme enceinte), la prise ou non d’un traitement antibiotique.
  • Hygiène des mains / Gants à usage unique non stériles.
  • Toilette intime au savon puis rinçage ou utilisation d’un antiseptique (Betadine* Gynécologique, Dakin*) ou d’une lingette antiseptique fournie pour l’examen : nettoyage de la zone vulvaire chez la femme d’avant en arrière pour éviter la contamination fécale, du méat chez l’homme et du pubis pour les nourrissons.
  • Utilisation d’un flacon de recueil stérile
  • Réalisation de l’examen ou explications au patient des conditions du recueil
    • Eliminer le premier jet d’urine
    • Récolter au minimum 20ml d’urine
    • Ne pas toucher les bords du flacon
  • Fermeture du flacon hermétiquement OU remplissage du tube de prélèvement spécifique.
  • Identification du flacon/tube, heure, date
  • Elimination des déchets, retrait des gants
  • Hygiène des mains
  • Transfert du prélèvement au laboratoire

5- CAS PARTICULIERS

a- Patients ayant une sonde à demeure

  • Ne pas déconnecter la sonde (système clos)
  • Clamper en aval 15 à 30 min avant le prélèvement
  • Hygiène des mains / Gants à usage unique non stériles.
  • Désinfecter la chambre de prélèvement (compresses stériles, antiseptique alcoolique)
  • Prélever avec une seringue et une aiguille stériles dans la chambre de prélèvement
  • Transvaser dans le flacon stérile / Tube de prélèvement.
  • Ne pas oublier de déclamper la sonde

b- Sondage évacuateur

  • Pour les personnes incontinentes
  • A l’aide d’une sonde urinaire évacuatrice (stérile et lubrifiée) et de gants stériles, ou après pose d’un étui pénien stérile
  • Evacuation du premier jet d’urine et recueil directement dans le flacon stérile/Tube.
  • Attention à la réalisation rigoureuse de la toilette intime car risque de contamination +++ lors d’un sondage évacuateur

c- Nourrisson

  • Poche stérile à coller sur le pubis préalablement désinfecté (attention pas plus d’une heure de pose ou changement de poche si prélèvement non réalisé)
  • Transvaser dans le flacon stérile / Tube

NB : Ou saisie à la volée lors du change pour les plus chanceux !

d- Urétérostomie

  • Poche stérile à coller autour de la stomie après désinfection préalable (attention pas plus d’une heure de pose, comme pour les nourrissons)
  • Transvaser dans le flacon stérile / Tube.

6- CONSERVATION DU PRELEVEMENT

L’ECBU peut être conservé dans le flacon d’origine à température ambiante moins de 2h. Si le prélèvement est conservé au réfrigérateur, il peut se garder jusqu’à 24h à 4°C. En cas de mise en tube boraté, il peut être conservé jusqu’à 48h à température ambiante.

7- MISE EN CULTURE ET ANTIBIOGRAMME

En cas de présence avérée de germes, la mise en culture dure entre 24 et 48h afin de quantifier les bactéries et de dénombrer les micro-organismes. La réalisation de l’antibiogramme passe par le choix des molécules à tester. Il résulte d’un compromis entre le spectre de sensibilité attendu  et la diffusion de l’antibiotique au site de l’infection. Connaître les antibiotiques utilisés dans l’infection du tractus urinaire permet de composer le meilleur antibiogramme.

8- RESULTATS

9- CONDITIONS PARTICULIERES

Recueil du premier jet : recherche mycobactéries (mycoplasme, chlamydiae), infection urétrale ou prostatique.

 

Sources :

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L’Acte Transfusionnel

1- Définition

Selon l’Etablissement Français du Sang, « la transfusion est un acte thérapeutique complexe qui consiste à apporter à un patient, appelé receveur, les éléments du sang par perfusion intraveineuse qui lui font provisoirement défaut ».

C’est un acte qui peut être réalisé uniquement par un professionnel de santé habilité, c’est-à-dire un  médecin, un Infirmier Diplômé d’Etat ou une sage-femme à condition qu’un médecin soit disponible lors de l’acte en cas de problème éventuel.

2- Pourquoi transfuser ?

Il existe trois types d’éléments du sang utilisables pour les transfusions sanguines qu’on appelle Produits Sanguins Labiles :

  • Les concentrés de globules rouges
  • Les concentrés plaquettaires
  • Le plasma

Chacun de ces produits nécessite des conditions particulières qui mènent à la décision de transfuser.

a- Les Concentrés de Globules Rouges ou CGR

Le médecin choisit d’effectuer une transfusion de concentrés de globules rouges lorsque son patient est anémié, ce qui signifie que son taux d’hémoglobine est à 7 g/dL chez un patient sans antécédent particulier ou à 10 g/dL en cas de patient avec une pathologie cardiaque (les normes étant de 12 à 16 g/dL chez la femme, et de 13 à 18 g/dL chez l’homme).

Cette anémie peut être relative à plusieurs facteurs : une hémorragie, une hémopathie ou un traitement particulier (exemple : les chimiothérapies aplasiantes).

 

b- Les Concentrés Plaquettaires

Concernant ces derniers, le médecin prendra la décision de transfuser en cas de thrombopénie ou de thrombopathie, soit un taux de plaquettes en dessous de 100 000/mm3, la norme étant entre 150 000 et 400 000/mm3. 

c- Le Plasma

Le plasma est aujourd’hui plus rarement utilisé, il est indiqué notamment dans les troubles graves de la coagulation.

 

3- L’Acte Transfusionnel

a- Préalable à la transfusion

Il est nécessaire de constituer le dossier transfusionnel du patient avant de pouvoir commencer le soin en lui-même. Ce dossier est en général une pochette comprenant l’identité du patient, l’ordonnance de PSL, les cartes de contrôle ultime, la carte de groupe sanguin, les résultats de Recherche d’Anticorps Irréguliers (datant de moins de 72h pour chaque transfusion), la traçabilité des éventuelles précédentes transfusions (date, heure, opérateur, numéro de poche). Le consentement éclairé du patient est également nécessaire lors d’une transfusion, le médecin se rend alors auprès du patient et lui explique pourquoi il est nécessaire d’envisager une transfusion et quels sont les bénéfices ainsi que les risques découlant de ce soin.

Le médecin commence par rédiger l’ordonnance de PSL où il est nécessaire de préciser les informations suivantes :

  • date de la demande de PSL sur l’ordonnance
  • identification lisible du médecin avec son nom et sa signature
  • identification de l’établissement de soins et du service avec le numéro de téléphone
  • identification du patient (nom marital, nom de naissance, prénom, date de naissance, sexe)
  • le type et la quantité de produits sanguins labiles à commander (CGR, concentrés de plaquettes ou plasma)
  • pour une commande de plasma, il est nécessaire de noter l’indication de cette demande
  • pour une commande de plaquettes, il faut notifier le poids et la numération plaquettaire du patient

Il est également nécessaire de notifier le degré d’urgence de cette demande, il en existe quatre qui sont les suivants :

  • Urgence vitale immédiate : les produits sanguins labiles (PSL) sont délivrés sans délai.
  • Urgence vitale : les PSL seront disponibles dans un délai inférieur à 30 min.
  • Urgence relative : le temps de disponibilité des PSL est le plus souvent de 2 à 3 heures.
  • Non urgent : les PSL seront disponibles dans les 5 à 6 heures.

Accompagnant cette demande, il est nécessaire d’avoir la carte de groupe sanguin du patient et la Recherche d’Anticorps Irréguliers (RAI) datant de moins de 72h.  Si ceux c-i ne sont pas disponibles, l’IDE réalise alors les prélèvements sanguins nécessaires avec deux déterminations pour la carte de groupe sanguin ainsi qu’une RAI l’accompagnant.

a.1 – La Carte de Groupe Sanguin

Cette carte permettra de déterminer le groupe sanguin de la personne via trois systèmes : le système ABO, le système rhésus et le système Kell. Il existe 4 groupes différents dans le système ABO : 

  • Le groupe A qui est le plus répandu dans la population française (45%)
  • Le groupe O (43%)
  • Le groupe B (9%)
  • Le groupe AB (3%)

La présence ou l’absence d’antigènes sur la surface des globules rouges permet de déterminer le groupe sanguin ABO de la personne : les antigènes A pour le groupe A, les antigènes B pour le groupe B, la présence des antigènes A et B pour le groupe AB et l’absence d’antigène pour le groupe O.

De la même façon que pour le système ABO, le système Rhésus est relié à l’absence ou à la présence d’antigènes D sur la surface des globules rouges, ce qui permettra de compléter le groupe sanguin de la personne avec un rhésus positif ou négatif.

Enfin, le système Kell n’est pas moins important, le principe étant le même, la présence ou l’absence d’antigènes K sur la surface des hématies détermine un Kell + ou -.

Exemple de groupe sanguin trouvé sur une carte :

A+ Phénotype : D+ C+ E+ c- e+ K-

La détermination du groupe sanguin effectué par prélèvement doit se faire impérativement à partir de deux actes de prélèvements différents, si possible par deux préleveurs différents.

a.2 – La recherche d’anticorps irréguliers (RAI)

Cette recherche consiste à détecter les anticorps dirigés contre les antigènes des hématies et ce, dans le but de prévenir d’un choc accident hémolytique transfusionnel. Si le résultat est négatif, cela signifie que la transfusion peut se faire dans des conditions optimales, si la RAI est positive, il faudra alors prévoir des culots dit « phénotypés ».

Une fois les différents documents rassemblés (carte de groupe sanguin, résultats de RAI, dossier transfusionnel et prescription médicale de PSL), la demande va être envoyée à l’Établissement Français du Sang, dépendant de l’hôpital concerné.

b. A la réception des poches 

Une fois la demande traitée et envoyée par l’EFS (selon des conditions rigoureuses permettant de contrôler la température, la durée du transport et l’intégrité du produit), il est important de procéder à plusieurs vérifications avant de pouvoir poser le culot à transfuser :

  • Intégrité de l’emballage dans lequel se situent les culots (emballage extérieur + intégrité des culots eux-mêmes)
  • Vérification du bon service destinataire, du bon produit acheminé (nombre exact + nature du produit) dans les bonnes conditions d’hygiène et de transport
  • Vérification de l’aspect des culots, de leur péremption, comparaison de l’identification de chaque culot (code barre) entre l’étiquette sur ce dernier et la fiche de distribution nominative
  • Identitovigilance effectuée entre la fiche de prescription de PSL et la fiche de distribution nominative

Une fois la réception du ou des culots effectués, la transfusion doit être effectuée dans les 6 heures suivantes.

Le matériel à préparer sur le chariot de soin est alors le suivant :

  • Une boîte OPCT (objets piquants, coupants, tranchants)
  • Une boîte de gants
  • Solution Hydro-alcoolique 
  • Un sac poubelle jaune
  • Une carte de contrôle ultime pré transfusionnel
  • Le dossier transfusionnel
  • La fiche de distribution nominative
  • Les différents culots
  • Une tubulure spécifique avec filtre
  • Des étiquettes appartenant au patient

c. La pose de poche de PSL 

Une fois arrivé dans la chambre du patient, il est important de retranscrire l’état général de ce dernier avant la transfusion. La prise des paramètres vitaux est alors nécessaire (température, tension artérielle, pouls, saturation en oxygène, douleur éventuelle) et elle s’effectuera 5 min après le début de la transfusion, toutes les 15 minutes pendant la première heure, à la moitié de la poche passée, puis à la fin de cette dernière. L’IDE a l’obligation de rester en chambre auprès du patient les 15 premières minutes du soin. Elle peut utiliser ces 15 minutes pour remplir son dossier transfusionnel tout en surveillant l’état clinique du patient.

Il est également important d’avoir un bon abord veineux lors de ce soin, s’assurer du bon retour de la voie veineuse (périphérique ou centrale) et de la nature du soluté mis en attente (éviter les solutés glucosés qui ne sont pas compatibles avec les PSL et ne pas administrer d’autres médicaments lors de la transfusion).

Le contrôle ultime pré-transfusionnel est par la suite effectué au lit du patient, lors de la pose de CGR et ce afin de remplir la carte concernée :

  • Identitovigilance effectuée : déclinaison par le patient de son nom, prénom et de sa date de naissance, contrôle par l’opérateur de l’identité à la fois sur la prescription de PSL, la fiche de distribution nominative, la carte de groupe sanguin et la demande de RAI. Sur la carte de contrôle ultime pré-transfusionnel, le remplissage de l’identité du patient, de l’opérateur, l’identification de la poche et les résultats obtenus sont des données obligatoires à retranscrire.
  • Prélèvement : un prélèvement de sang est effectué par ponction capillaire au niveau du doigt du patient, la goutte de sang étant mise au niveau de la partie « patient » sur la carte de contrôle, la même chose est effectuée sur la partie où il est noté « culot » concernant

    Carte CUPT nouvelle génération

    la poche de CGR. Il est ensuite nécessaire de déposer une goutte de solution saline sur les espaces « anti-A » et « anti-B » de la carte et de faire de même avec une goutte de sang, sans mélanger les différents réactifs. Les résultats sont interprétables après 1 minute de chaloupage et « pour un même réactif (même couleur), toute réaction positive avec le culot à transfuser et négative avec le patient interdit la transfusion ». De nouvelles cartes sont mises en place progressivement dans les centres hospitaliers. Plus d’informations, cliquez ici.

Carte de controle ultime

 

Ce contrôle ultime montre des réactions d’agglutination et en cas de doute, il est alors impératif de joindre le médecin référent.  Si la transfusion est possible, le culot de CGR peut alors être posé au niveau de l’abord veineux, le débit moyen de passage de la poche étant d’environ 1h (à décider en lien avec le médecin).

Calcul du débit de la poche (gouttes/min) = volume de la poche (ml) x 15 (gouttes) / temps de passage de la poche  (minutes)

Les culots ainsi que la carte de contrôle ultime sont à garder 2h après la fin du passage de la poche (peut être différent d’un établissement à l’autre). Une traçabilité écrite est à effectuer après passage des différents culots.

 

4. Complications relatives à la transfusion

Le terme d’hémovigilance est né en France avec la loi du 4 janvier 1993, c’est un terme qui regroupe l’ensemble des surveillances, la prévention et l’évaluation des effets indésirables survenant à la fois chez les donneurs et receveurs de sang. L’hémovigilance concerne l’ensemble de la chaîne transfusionnelle.

Il peut exister plusieurs types de complications relatives à la transfusion, qu’il faut absolument connaître afin d’en informer au plus vite les médecins si apparition des différents symptômes :

  • Hyperthermie, frissons, tremblements, malaises, hypotension, difficultés respiratoires, douleurs apparues, etc.

Le moindre changement vis-à-vis de l’état initial du patient doit être détecté par l’IDE ou le médecin présent et nécessite une pause ou un arrêt de la transfusion.

Lors d’une transfusion, il peut y avoir :

  • Un accident immunologique avec réaction des anticorps du patient avec les anticorps des PSL, ce qui provoque alors un accident hémolytique soit immédiat ou retardé chez le patient.
  • Une réaction allergique : choc anaphylactique, œdème, crise d’asthme, urticaire.
  • Un accident infectieux dû à la présence de bactéries dans le culot transfusé
  • Apparition d’un Œdème Aigu Pulmonaire ou TACO (Transfusion Associated Circulating Overload) qui sont dus à une surcharge de volume au niveau des cavités cardiaques, conduisant à une extravasation dans les capillaires pulmonaires, causant alors l’œdème pulmonaire chez le patient. Cette complication fait partie des plus nombreuses lors de transfusion, c’est pourquoi il est nécessaire d’être vigilant vis-à-vis des signes annonciateurs : polypnée, cyanose, toux avec crachats rosés et mousseux.
  • Apparition de TRALI (Transfusion Related Acute Lung Injury) correspondant à une hypoxémie et un œdème péri lésionnel pulmonaire
  • Apparition de GHV post-transfusionnelle : maladie du greffon contre l’hôte.

La transfusion est donc un soin qui a connu de grandes avancées au cours des dernières années avec une sécurisation importante de la procédure, limitant de ce fait le nombre d’événements indésirables.

 

Sources :

www.toutsurlatransfusion.com

www.ints.fr

www.ansm.sante.fr

Cours IFSI Lionnois Nancy

 

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Le Sondage Naso-Gastrique

Objectifs du cours :

  • Acquérir des notions concernant le cadre législatif de la pose d’une Sonde Naso – Gastrique, son changement, sa surveillance.
  • Définir ce qu’est un Sondage Naso-Gastrique, quelles sont les indications, les contre-indications, les objectifs ainsi que les surveillances et complications.
  • Connaître le matériel nécessaire à la pose d’une sonde naso-gastrique ainsi que le déroulement du soin.

 

1- Définition

Le sondage naso-gastrique consiste en l’introduction d’une sonde au sein de l’estomac par la voie nasale soit pour permettre d’en évacuer son contenu soit dans le but d’administrer directement dans l’estomac diverses thérapeutiques (traitements, alimentation…).

 

2- Rappels anatomiques

anatomie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3- Cadre législatif 

  • La pose d’une SNG est légiférée par l’Article R.4311-7, décret 2004-802 du 29 juillet 2004 du référentiel de compétences.
    • C’est un acte sur prescription médicale
  • Le changement et la surveillance d’une SNG sont légiférés par l’Article R.4311-5, décret 2004-802 du 29 juillet 2004 du référentiel de compétences.
    • C’est un acte du rôle propre infirmier

4- Objectifs 

  • Aspiration gastrique
  • Lavage gastrique
  • Administration de traitements
  • Alimentation entérale et hydratation

5- Indications 

  • L’aspiration gastrique va permettre de prévenir la dilatation de l’estomac, les risques d’inhalation des patients intubés, elle empêche les vomissements, les tensions des sutures digestives…
  • L’alimentation entérale : lorsque l’alimentation devient impossible ou lorsque les apports sont insuffisants par voie orale (anorexie mentale, trachéostomie, maladie de l’appareil digestif haut…) ;  elle permet aussi l’hydratation du patient.
  • Le lavage d’estomac : permet de vider l’estomac, en général, lors de la prise de substances toxiques.
  • L’administration des thérapeutiques : une fois écrasés et dilués les médicaments peuvent être injectés par la sonde.

6- Contre-Indications

  • Présence d’une douleur importante lors de la pose de la SNG
  • Lésions hémorragiques et varices œsophagiennes 
  • Si antécédents ORL connus, privilégier la pose par le médecin

7- Matériel nécessaire à la pose 

  • Une sonde
  • Un sparadrap
  • Un stéthoscope
  • Un lubrifiant siliconé type Xylocaïne
  • Un verre d’eau
  • Un haricot
  • Une paire de gants non stériles à usage unique
  • Des compresses non stériles
  • Un système d’aspiration : manomètre, bocal de recueil ou pompe d’alimentation selon PM
  • Une seringue de 60 mL avec embout conique
  • Un sac poubelle
  • Des mouchoirs
  • Un marqueur indélébile (non obligatoire)
  • Un désinfectant de surface
  • Une chiffonnette
  • Nécessaire à l’hygiène des mains (savon doux ou solution hydro alcoolique)

8- Réalisation du soin

  • Vérification de la prescription médicale
  • Consentement du patient
  • Prévenir du caractère désagréable mais peu douloureux du soin
  • Hygiène des mains
  • Présence dans la chambre
  • Préparation du matériel en vérifiant les dates de péremption ainsi que l’intégrité des emballages
  • Faire moucher le patient
  • Installation du patient en position assise, tête inclinée vers l’avant
  • Hygiène des mains
  • Mettre des gants non stériles
  • Mesure en 2 temps afin de déterminer la longueur de la sonde à introduire
    • Mesure de la distance narine → lobe d’oreille
    • Mesure du lobe d’oreille à l’appendice xiphoïde
  • Faire une marque grâce au marqueur après avoir ajouté les deux distances (non obligatoire)
  • Lubrification de la sonde afin de faciliter l’insertion
  • Introduire la sonde horizontalement, la tenir avec une compresse et faire progresser doucement
  • Stopper quand le repère est à la narine
  • Après vérification du bon positionnement de la sonde (cf. IX), la fixer avec le sparadrap
  • Clamper la sonde ou la brancher en fonction de la prescription médicale puis régler les débits
  • Réaliser les transmissions concernant la pose, prévoir une radio de contrôle selon habitudes du service

Astuce : En cas de nausées, stopper la progression et faire boire de l’eau doucement, insérer la sonde lorsque le patient déglutit afin de faciliter la progression.

9- Vérifier le bon positionnement 

  • Prendre la seringue à embout conique de 60 Ml et la remplir d’air (SURTOUT PAS D’EAU)
  • Positionner le stéthoscope en dessous du sternum
  • Insuffler l’air, si la sonde est en place alors des borborysmes seront entendus
  • Retirer le maximum d’air injecté

10- Risques et complications 

  • La sonde peut se boucher
  • Escarres et lésions
  • Pharyngite – mastoïdite 
  • Perforation d’ulcères
  • Déshydratation
  • Encombrement pulmonaire

11- Surveillances

  • Bon positionnement de la sonde
  • Remplacer les fixations de manière journalière
  • Surveillance de l’état cutané avec mobilisation de la sonde
  • Surveillance d’éventuels saignements
  • Soins de nez, soins de bouche

12- Différents types de sondes

Sonde de Salem

  • La sonde de Salem :
    • Sonde transparente à double courant
    • Sonde de drainage

 

  • La sonde de nutrition entérale

    Sonde nutrition entérale

    • Sonde souple de petite taille
    • Plus connue sous le nom de « nouille » ou  « spaghetti » 
    • Permet aussi l’hydratation 

 

  • La sonde naso – duodénale 

    Sonde Nutrition entérale

    • Alimentation entérale
    • Posée par le médecin

 

  • Le tube de Faucher : 
    • Sonde de gros calibre
    • Par voie oropharyngée dans l’estomac

      Tube de Faucher

    • Lavages gastriques

 

 

Sources :

  • Soins-infirmiers.com : la sonde naso gastrique
  • Google image : sonde naso gastrique
  • Slideplayer.fr/slide/503888/

 

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Les Principales Normes Biologiques

Voici un article qui devrait vous réconcillier avec les normes des bilans sanguins, urinaires,…
Celles-ci sont imprimables en passant par le lien PDF.

Attention, ces normes sont celles qui sont le plus souvent rencontrées ; elles peuvent varier d’un laboratoire à l’autre !

Vous pouvez contacter Marion par mail à contact@entraide-esi-ide.com

 

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