Le service de réanimation accueille 24h/24 des patients présentant une ou plusieurs défaillance d’organes mettant en jeu le pronostic vital. Ces patients nécessitent la mise en oeuvre de techniques de suppléances telles que ventilation artificielle, support hémodynamique…


Population rencontrée

Vous rencontrerez des patients de tous les âges. Les enfants et jeunes adolescents seront pris en charge par des réanimations pédiatriques. Les grands prématurés par des réanimations néonatales (non abordées dans cette fiche).


Equipe professionnelle essentiellement rencontrée

  • Médecin réanimateur
  • Interne
  • Médecin anesthésiste
  • Infirmier(e) diplômé(e) d’Etat
  • Aide-soignant(e)

  • ASHQ
  • Kinésithérapeute
  • Secrétaire
  • Infirmier(e) anesthésiste diplômé(e) d’Etat

Cette liste est non exhaustive. Vous pouvez rencontrer, selon les services et habitudes de service, d’autres professionnels de santé, des agents des services techniques,…


Soins essentiellement rencontrés

  • Aide à l’intubation orotrachéale
  • Surveillance clinique du patient intubé et ventilé
  • Aspiration endotrachéale
  • Ventilation invasive / non invasive
  • Oxygénothérapie
  • Gestes de réanimation (réanimation cardio-pulmonaire…)
  • Pose et surveillance de sonde nasogastrique
  • Pose et surveillance de sonde urinaire
  • Monitorage et surveillance continue des paramètres vitaux (pouls, TA, SpO2, fréquence respiratoire, T°, diurèse, glycémie, pression intracrânienne, scores analgésie-sédation-conscience tels que le RAMSEY, RASS….)
  • Electrocardiogramme
  • Ponction veineuse
  • Ponction artérielle
  • Aide à la pose et surveillance de voie centrale (cathéter central, Picc-Line, cathéter artériel,…)
  • Aérosolthérapie
  • Soins d’hygiène et de confort
  • Pansement
  • Pose et surveillance de cathéter périphérique
  • Préparation et administration de traitements intraveineux, intramusculaires ou sous-cutanés
  • Manipulation de pompe à perfusion et pousse seringue
  • Aide à la pose et surveillance de drain thoracique
  • Soins de gastrostomie, trachéostomie…
  • Aide à la réalisation de ponction lombaire, pleurale…
  • Epuration extra-rénale
  • Réalisation d’entrée et de sortie de patient

Cette liste est non exhaustive et regroupe les principaux soins rencontrés.


Traitements essentiellement rencontrés

  • Amines
  • Traitements de l’intubation
  • Traitements de la sédation
  • Antalgiques
  • Antibiotiques
  • Solutés de perfusion (remplissage, basal…)
  • Antispasmodique
  • Antidotes (Flumazenil, naloxone, hydroxocobalamine…)

Cette liste est non exhaustive et regroupe les principaux traitements rencontrés.


Pathologies essentiellement rencontrées

  • Arrêt cardio-respiratoire rattrapé
  • Insuffisance cardiaque aigüe
  • Coma
  • Etat de mal épileptique
  • AVC
  • Hypertension intracrânienne
  • Insuffisance respiratoire aigüe
  • Insuffisance rénale aigüe
  • Syndrome de détresse respiratoire aigüe (SDRA)
  • Coma hypoglycémique
  • Acidose diabétique
  • Syndrome de Guillain-Barré
  • Hépatite fulminante
  • Purpura fulminans
  • Choc hypovolémique
  • Choc hémorragique
  • Choc septique
  • Polytraumatisé
  • Traumatisme crânien sévère
  • Traumatisme médullaire
  • Traumatisme thoracique sévère
  • Hypothermie sévère
  • Syndrome de défaillance multiviscérale (SDMV)
  • Intoxication volontaire ou non
  • Patient en état de mort encéphalique en vue d’un prélèvement d’organe(s)

Cette liste est non exhaustive et regroupe les principales pathologies rencontrées.


Prérequis

  • Connaissance de l’anatomie et de la physiologie des fonction vitales
  • Connaissance des différents types de ventilation
  • Connaissance des différences entre les voies d’abord vasculaire
  • Connaissance des gestes d’urgence et de réanimation
  • Connaissance de la législation spécifique au don d’organe(s)
  • Savoir repérer les critères d’aggravation d’une pathologie

Dans tous les cas, l’ensemble de ces notions seront présentes tout au long de votre stage. Ces quelques conseils vous permettront seulement d’être un peu plus à l’aise lors du début de votre stage. N’hésitez pas à interpeller les professionnels de santé s’il y a des choses que vous ne comprenez pas ; mais essayez également de rechercher par vos propres moyens à l’aide des différents outils (ou ressources) à votre disposition dans le service. Nous vous souhaitons un très bon stage.

Cathy vous propose de lire son travail de recherche sur les émotions de l’IDE en situation d’urgence. Cet écrit est orienté vers l’influence de l’équipe sur le vécu émotionnel de l’IDE.


J’ai toujours pensé qu’étant préparée, et formée tout au long de sa carrière à la gestion de situations d’urgence, l’infirmière devait parfaitement maîtriser ses émotions. En effet, l’objectif est clairement défini : être rapide et efficace pour stabiliser le patient, souvent au détriment de la réflexion ou des émotions qui sont perçues comme un frein à l’efficience.

Partie d’une situation de départ survenue au cours d’un stage en unité de Réanimation, où j’ai participé à un massage cardiaque, je me suis questionnée sur la place des émotions et leur influence sur la pratique de l’infirmière en situation d’urgence.

Des entretiens comparatifs auprès d’infirmières exerçant au sein de divers services à plus ou moins forte prévalence de situations mettant en jeu le pronostic vital des patients, ont permis de démontrer que certains facteurs influencent la gestion émotionnelle et l’adoption des mécanismes adaptatifs chez l’infirmière en situation d’urgence, notamment l’équipe soignante.

Mes recherches autour de concepts en psychologie sociale m’ont permis de déduire que le fonctionnement hiérarchisé et coordonné de l’équipe soignante apparaît comme un élément indispensable au bon déroulement de la situation d’urgence. Le leader occupe donc une place primordiale car il demeure le garant d’un climat émotionnel positif. Pourtant, il peut transmettre une émotion négative contaminant l’infirmière, et altérant sa capacité d’agir.

Mots clés : Situation d’urgence, émotions, dynamique d’équipe, réanimation, infirmière

ATTENTION, LE PLAGIAT EST PASSIBLE DE POURSUITES JUDICIAIRES 

INTUBATION EN SÉQUENCE RAPIDE CHEZ UN PATIENT ADULTE PRÉPARÉ

1-DÉFINITIONS ET PRINCIPE

Sonde Endotrachéale

  • Intubation : geste technique médical servant à mettre en place une sonde endotrachéale en passant par la bouche ou le nez (pour le nez, la pratique se fait rare). Les IADE ont aussi l’autorisation de pratiquer ce geste. Le risque à chaque intubation est un risque d’inhalation du   contenu de l’estomac :
    • en chirurgie réglée : période de jeun préopératoire
    • en urgence : tout patient est considéré comme ayant l’estomac plein
  • Induction : phase de l’anesthésie, endormissement chimique provoqué ; En séquence rapide cela peut donner :
    • utilisation d’un hypnotique  de délai d’action court
    • un curare de délai d’action court et d’une durée d’action courte pour que le patient reprenne une ventilation spontanée en cas d’échec de l’intubation
    • un pression cricoïdienne (manoeuvre de Sellick) pour éviter les régurgitations
  • Hypnotique : thérapeutique entraînant un trouble de la conscience, utilisée entre autre en anesthésie.
  • Curare : thérapeutique entraînant une paralysie musculaire.

2-INDUCTION EN SÉQUENCE RAPIDE

Il y a 5 grandes phases à prendre en compte :

  • préparation du patient
  • préparation du matériel
  • préparation des médicaments
  • préparation de l’équipe
  • anticipation des difficultés

a-Préparer le patient

  • le patient est-il pré-oxygéné ? Le but est d’augmenter la tolérance à l’apnée du patient en stockant de l’oxygène dans la capacité résiduelle fonctionnelle. (ex : oxygène pur au MHC (lien vers le cours sur l’oxygénothérapie) durant 3 minutes, installation en proclive pour les personnes obèses, Ventilation Non Invasive…)
  • La position est-elle optimale : confort du patient et des soignants
  • Quelles sont les thérapeutiques d’entretien de l’intubation ?

    laryngoscope avec lame

b-Préparer le matériel

  • Le patient est-il scopé ?
  • Avons nous une pression artérielle non invasive ?
  • Avons nous un capnographe ? Cela permet de vérifier si la sonde est bien dans la trachée.
  • Le chariot d’urgence est-il à proximité ? Le BAVU est-il prêt ? fonctionnel ?
  • L’aspiration est-elle à porter de main et fonctionnelle ? Prévoir des sondes d’aspiration en fonction de la sonde d’intubation (intubation 7 = aspiration 14)
  • Un manche à laryngoscope avec des piles et des lames : toujours vérifier la lampe en montant la lame. Avoir des piles de rechanges à proximité
  • Des lames : la taille demandée par le médecin et une de la taille en dessous. On privilégie souvent la taille 4 en première intention
  • Trois tailles de sonde d’intubation ( 8 – 7.5 – 7)
  • Des canules de Guedel (ou Canule Oro-pharyngée)
  • Une pince de Magill 

    Pince de Magill

  • Un mandrin rigide
  • Un stéthoscope
  • Un dispositif de fixation
  • Une seringue de 20 ml pour gonfler le ballonnet
  • Une bougie de Eschmann en cas d’intubation difficile

c-Préparer les médicaments

  • Induction
    • un hypnotique (Etomidate ou Kétamine)
    • un curare (La succinylcholine)

  • Entretien
    • un hypnotique (midazolam)
    • un morphinique (sufentanyl)

  • Cardiovasculaires
    • Vasopresseurs (adrénaline, épinéphrine, noradrénaline)
    • Anticholinergique (atropine)

Ceux-ci sont des exemples couramment utilisés. Suivant votre lieu d’exercice vous pouvez être amené à en utiliser d’autres. Nous ne vous donnerons pas toutes les dilutions car elles peuvent être protocolisées selon des établissements de santé. Les dilutions sont données à titre d’exemples.

d-Préparer les soignants

Dans l’idéal, il faudrait être trois personnes : un opérateur, deux infirmiers. Attention en SMUR la prise en charge se réalisera en fonction de la composition de l’équipe.

Nous allons nous placer dans des conditions idéales.

  • rôle de l’opérateur :
    • intubation
    • vérification de la position
    • prescription
  • premier infirmier :
    • préparation du patient
    • préoxygénation
    • préparation des médicaments
    • injection des médicaments
  • second infirmier :
    • préparation du matériel
    • manoeuvre de sellick ou pression cricoïde à la demande du médecin
    • gonflage du ballonnet
    • fixation de la sonde
    • pose de la sonde naso gastrique

e- Anticiper les difficultés 

Disposer de thérapeutiques comme la Naloxone ou le Flumazenil. Ce sont des antidotes des opioïdes pour le premier et des benzodiazépines pour le second.

3- EXEMPLES

Voici deux exemples de déroulement d’intubation en séquence rapide.

a-Déroulement type : etomidate / succinylcholine (célocurine)

  • oxygénation du patient sous 15L/min  = durant 3 minutes
  • injection Etomidate 0.3 mg/kg = appelée T0
  • injection Célocurine 1 mg/kg = appelée T0
  • perte de conscience du patient dans les 30 secondes
  • fasciculations (crispations musculaires brèves partant des pieds vers la tête) jusqu’à T 60 sec
  • laryngoscopie à T 60 sec
  • intubation
  • Gonfler le ballonnet
  • vérification de la position de la sonde
  • fixation de la sonde
  • début de l’entretien médicamenteux
  • sonde nasogastrique

 

b-Déroulement type : kétamine / succinylcholine (célocurine)

  • oxygénation du patient sous 15 L/min = durant 3 minutes
  • injection 0.6 mg d’atropine = appelée T0
  • injection 1 mg de midazolam = T0
  • injection kétamine 1-2 mg/ kg = T0
  • injection célocurine 1 mg/kg = T 30 sec
  • laryngoscopie à T 90 sec
  • intubation
  • gonfler le ballonnet
  • vérification de la position de la sonde
  • fixation de la sonde
  • début de l’entretien médicamenteux
  • sonde nasogastrique

 

 

Sources :

  • Cours personnels

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